Commentaire sur le mur : #2668
En théorie, les Roms sont des citoyens d'Europe à part entière. La réalité est tout autre. Plus de 8 millions d'européens vivant principalement en Europe centrale et orientale sont des Roms. Depuis l'...En théorie, les Roms sont des citoyens d'Europe à part entière. La réalité est tout autre. Plus de 8 millions d'européens vivant principalement en Europe centrale et orientale sont des Roms. Depuis l'élargissement de l'Union européenne à la Bulgarie et la Roumanie, ils constituent la plus importante minorité ethnique de l'Union européenne. Mais l'immigration de quelques milliers d'entre eux à l'Ouest suite à l'effondrement du bloc communiste génère de vives réactions de rejet. Une persécution inscrite dans l'histoire Le terme rom signifie homme dans la langue Romani. Ce peuple est d’origine indienne. Entre le XIVème et le XVème siècle, les communautés roms ont été séparées et réparties dans différents territoires européens. Mais une histoire commune lie ces populations marquées par le servage, l'esclavage jusqu'en 1850, puis par le génocide de la Seconde guerre mondiale au cours duquel plus de 500 00 Roms furent exterminés. Dans les pays de l'ex bloc de l'Est, les Roms ont été victimes d'une assimilation et d'une sédentarisation forcées qui a conduit à leur ghettoïsation et à la négation de leur culture. Cantonnés à des emplois subalternes dans les fermes et les entreprises d'Etat, ils furent les premiers à connaître le chômage lors du déclin du communisme. Ils ont subi les pires exactions lors du conflit en en ex-Yougoslavie des années 1990. Réprouvés, ballotés d'un Etat à l'autre, les Roms suscitent encore et toujours le mépris, la méfiance ou l'indifférence. Les damnés de l'Europe Selon Amnesty international, "entre 60 % et 80 % des Roms de Hongrie en âge de travailler seraient sans emploi. Plus de 60 % des Roms de Roumanie vivraient sous le seuil local de pauvreté ; 80 % d’entre eux n’auraient aucune qualification. En Bulgarie, 60 % des Roms vivant en ville seraient eux-mêmes sans travail (une situation pire encore à la campagne). Dans certaines communautés du Sud et de l’Est de la Slovaquie, c’est la totalité des Roms adultes qui seraient privés de ressources. En Grande-Bretagne, 10 % à 20 % des Travellers locaux vivraient dans le dénuement le plus complet, tandis que 70 % à 80 % des Roms établis dans certaines villes de France seraient des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion." Partout en Europe, cette population se voit dénier les droits au logement, à l'emploi, à la santé et à l'éducation. Son espérance de vie est inférieure de dix ou quinze aux moyennes nationales à cause de conditions de vie insalubres. Des préjugés tenaces Les Roms sont appréciés quand ils correspondent à la vision qu'en donnent Kusturica, le cirque Zingaro ou le théâtre Dromesko. On les appelle alors Tsiganes, Manouches ou Gitans.Mais quand ils installent leurs pauvres campements à la périphérie de nos villes et que l'eau et l'électricité leur sont refusées, ils redeviennent des Roms. Pour les plus pauvres, la mendicité est la seule alternative de survie. Et l'on pose sur eux un regard méprisant et méfiant. Le Rom est voleur, c'est bien connu. Comment accepter un peuple qui utilise les enfants, les initie à la délinquance ? Posons-nous plutôt la question : pourquoi en sont-ils arrivés là ? Penchons-nous sur leur histoire pour mieux comprendre. Mais il est tellement plus simple de verser dans les stéréotypes et le racisme. À lire aussi Arnaud Montebourg, les Roms et le "racisme officiel" Roms : des enfants à scolariser d'urgence ! La montée de l'extrême droite en Europe (deuxième partie) Violence et xénophobie Les Roms sont souvent victimes d'expulsions forcées, d'agressions racistes et de violences policières. Amenesty international rapporte que "des États de l'Union européenne prévoient de renvoyer de force des Roms au Kosovo où ils sont exposés à de graves discriminations. On s'attend notamment à ce que La France, la plupart des pays scandinaves et la Suisse procèdent à des renvois". En Italie, plusieurs villes soutenues par le gouvernement Berlusconi ont instauré un « marquage ethnique » des populations vivant dans les bidonvilles, composées principalement de roms. En France, lors d'un contrôle effectué dans deux campements roms , les gendarmes ont appliqué un tampon sur le bras des personnes contrôlées. Arrestations collectives, tris des personnes, séparation des familles, destruction des biens, expulsions illégales d'enfants, stérilisation forcée des femmes, telle est la réalité des Roms en Europe. Quel avenir pour les Roms ? Même si une majorité de Roms rencontrent des problèmes identiques, tous ne partagent pas la même vision et parfois même leurs intérêts divergent selon qu'ils soient pauvres ou riches, nomades ou sédentaires, exclus ou bien intégrés. En revanche, les Roms revendiquent tous d'être reconnus comme des Européens et de bénéficier des mêmes droits que les autres citoyens. Des réponses peuvent déjà être apportées aux plan local et national par des mesures favorisant l'insertion des Roms sur le marché du travail. Mais c'est bien à l'Union européenne de trouver des solutions durables qui tiennent compte de l'identité et de la diversité de la communauté Roms. Read more at Suite101: Roms, les exclus de l'Europe: Une communauté à protéger de toute urgence | Suite101.fr http://suite101.fr/article/roms-des-siecles-de-rep...