Récits d'experiences de terrain dans le cadre de la campagne législative!

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CARNET DE CAMPAGNE – 26 MAI 2017

Laurent Levard


Je reprends aujourd’hui la rédaction de mes carnets de campagne. Mes dix premiers carnets de campagne s’inscrivaient dans le cadre de la propagation du programme pour l’agriculture de la France insoumise et de son candidat à la présidence de la République Jean-Luc Mélenchon. Je me consacre maintenant à la campagne pour les élections législatives des 11 et 18 juin dans le cadre de la circonscription où j’ai été désigné pour représenter la France insoumise, aux côtés de ma suppléante Natalie Depraz. Il s’agit de la troisième circonscription de Paris qui couvre une partie du 17ème arrondissement (quartiers des Epinettes et des Batignolles) et une partie du 18ème arrondissement (quartier des Grandes Carrières). Comme dans la grande majorité des circonscriptions, nous avons été proposés comme candidats par une assemblée de circonscription à laquelle ont été invités à participer l’ensemble des soutiens de la France insoumise (aujourd’hui plus de 500.000 dans toute la France). Ici, plusieurs dizaines de personnes y ont participé et la proposition a été validée par le Comité électoral national de la France insoumise. Je mentionne ceci surtout pour souligner la différence avec les procédures mises en place par nombre de partis politiques, comme par exemple le mouvement En marche où la sélection a été effectuée par un comité restreint d’ « experts électoraux », e personnages de confiance du nouveau Président de la République sur la base de CV qui leurs étaient adressés. La méthode reflète aussi le projet de modèle de société….

Cette élection est une élection nationale et non une élection locale. L’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République est largement le résultat d’un vote pas défaut, contre l’extrême droite. Dans nos institutions, le gouvernement est issu de la majorité parlementaire. C’est donc le résultat des élections législatives des 11 et 18 juin prochains qui déterminera la nature du prochain gouvernement et les politiques mises en œuvre. Notre objectif est donc de rassembler une majorité parlementaire autour du programme de la France insoumise, l’Avenir en Commun et les 41 livrets thématiques qui viennent le compléter et l’approfondir.

Plus de soixante-dix Insoumis.e.s, habitants de nos deux arrondissements, sont aujourd’hui mobilisés dans la campagne de la 3ème circonscription de Paris, en grande majorité des gens qui n’appartiennent pas à des organisations politiques, même si participent aussi des membres ou anciens membres de plusieurs organisations. Nombre d’entre eux nous ont rejoints après l’élection présidentielle. Des activités sont prévues tous les jours, avec avant tout comme objectif de discuter avec l’ensemble des habitants, et notamment dans les quartiers populaires où Jean-Luc Mélenchon a obtenu jusqu’à 36% des voix dans certains bureaux de vote (20% au niveau de l’ensemble de la circonscription). Lors des rencontres avec les habitants et notamment les plus jeunes de ces secteurs, nous mesurons à quel point la candidature de Jean-Luc Mélenchon a représenté un immense espoir, à quel point la défaite est amère. L’enjeu est immense de convaincre tous ces gens que la bataille n’est pas finie (d’ailleurs, même après les législatives, notre bataille contre cette indécent accaparement de richesses, contre la catastrophe écologique, pour un monde plus humain et solidaire ne s’arrêtera pas !), qu’il ne faut pas baisser les bras, que c’est l’élection du Parlement qui déterminera la nature du prochain gouvernement. Mais, ces discussions montrent aussi à quel point nombreux sont celles et ceux qui n’entendent pas baisser les bras, qui sont tout-à-fait conscients de l’enjeu des législatives, et des batailles à venir. Au square de la Moskova (18ème), ce groupe de femmes filles d’immigrés algériens (qui m’ont d’ailleurs invité à manger une délicieuse crêpe algérienne au miel…), me disaient que, elles, la seconde génération, ne se laisseront pas faire comme leurs parents qui ont dû accepter de travailler, de se taire, de ne pas pouvoir voter, qu’il faudrait compter sur elles !

D’une façon générale, nombreux sont celles et ceux qui sont plus ou moins conscients de la nature de ce gouvernement, de la casse de nos règles protectrices collectives (le droit du travail, la protection sociale) qu’il entend mener à bien. La casse du droit du travail va aggraver considérablement le rapport de force pour les salariés quel que soit le type d’entreprise. Elle va transposer au niveau national les pratiques de dumping social entre pays et peuples européens qui sont actuellement organisées par l’Union européenne (interdiction de toute harmonisation sociale entre États membres, impossibilité de fait de toute harmonisation fiscale puisqu’il faut l’accord de l’unanimité des États membres, directive sur les travailleurs détachés). En effet, il est clair que, dès qu’une entreprise d’un secteur donné aura adopté un accord défavorable aux salariés, les autres entreprises du secteur pourront à leur tour faire pression sur leurs propres salariés en arguant de l’avantage de compétitivité acquis par la première et des risques de faillite et de pertes d’emplois au cas où ses propres salariés n’accepteraient un accord aussi défavorable pour eux-mêmes. Chaque salarié réagira alors en fonction de ses propres intérêts immédiats, même si l’accord se traduira par une dégradation pour lui et par une nouvelle pression sur l’ensemble des salariés des autres entreprises. Voilà comment Macron et son gouvernement s’apprêtent à généraliser l’esprit de concurrence entre salariés en substitution des mécanismes et de la culture de solidarité. Une salariée de Carrefour m’expliquait avant-hier le degré de maltraitance et de pression à laquelle sont déjà soumis les salariés ; un salarié d’une entreprise de maintenance me disait hier qu’il n’y aurait pour eux aucune façon de négocier, de peser face à la volonté de leur employeur. Mais, là aussi, la situation est diverse, tel ce retraité persuadé que Macron allait augmenter les petites pensions, que, pour les gens pauvres, les choses allaient s’améliorer, c’est ce qu’il avait compris de ce que disent les médias m’a-t-il dit… Et puis tant de gens qui semblent avoir complètement décroché de toute implication dans la société, tant de dégâts que nous laissent ces gouvernements Sarkozy et Hollande alors que nous sommes un des pays les plus riches du monde.

Dans les deux premières réunions publiques que nous avons tenues, à l’école du capitaine Lagache et à l’école du Boulevard Bessières, divers sujets ont été abordés, dont la question du burn-out. Car, alors qu’une partie de la population est exclue du marché du travail, une autre partie est soumise à des horaires, cadences, pressions psychologiques infernales, avec de très nombreuses situations d’épuisement professionnel ou burn-out, non reconnu aujourd’hui comme maladie professionnelle. La question du chômage a également été abordée, ainsi que le scandale du CICE. Un chef d’entreprise nous expliquait notamment –validant ainsi totalement les analyses et propositions de la France insoumise et de Jean-Luc Mélenchon- que les sommes ainsi reçues n’avaient absolument aucun impact sur l’emploi, « un chef d’entreprise n’embauche pas parce qu’il reçoit de l’agent, mais parce qu’il a des clients à fournir, parce qu’il y a une demande ». L’importance pour la création d’emplois de la relance par l’investissement public dans la transition écologique et de l’accroissement des revenus des couches populaires a été soulignée. Ce sont des éléments centraux du programme de la France insoumise, ainsi que la réduction effective du temps de travail qui doit également permettre de mieux partager le travail dans la société.

Je veux dire aussi un mot sur ma participation à la manifestation de solidarité avec les prisonniers palestiniens. J’ai rédigé un article spécifique à ce sujet que je joins à ce carnet (publié hier sur ma page facebook).

Avec ces dizaines de militants Insoumis.e.s nous engageons donc cette campagne officielle avec détermination, car notre beau pays et notre chère planète, pas plus aujourd’hui qu’hier, ne doivent pas être une fois de plus sacrifiés aux intérêts d’une caste minoritaire et à son irresponsabilité écologique.



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Twitter (campagne législatives) : @Levard2017 et @FI_Paris17




SOUTIEN AUX PRISONNIERS PALESTINIENS EN GRÈVE DE LA FAIM

J’ai participé hier mercredi 24 mai au rassemblement organisé devant le palais de l’Opéra par l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) et les diverses organisations du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, en solidarité avec les plus de 1000 prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis plus d’un mois, dont le dirigeant Marwan Barghouti.




Laurent Levard, candidat de la France insoumise pour la 3ème circonscription de Paris, au rassemblement de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim, Paris, 24 mai 2017


En violation des règles humanitaires les plus fondamentales, plusieurs milliers de Palestiniens sont enfermés dans les prisons israéliennes dans des conditions déplorables. Les plus de 1000 prisonniers politiques palestiniens en grève de la faim depuis le 17 avril demandent la possibilité de recevoir deux visites par mois au lieu d’une, d’avoir accès aux soins de longue durée pour ceux qui le nécessitent et d’avoir le droit d’étudier à distance dans une université israélienne, droits qui leur sont aujourd’hui niés.

Alors qu’ils ont été mis à l’isolement complet depuis le début de la grève de la faim, le peu d’informations dont on dispose indiquent que l’état physique des prisonniers s’est fortement dégradé dans les derniers jours. Le silence des médias et celui encore plus complet du nouveau gouvernement français et d’Emmanuel Macron sont absolument inacceptables, ils participent d’une complicité avec le gouvernement israélien d’extrême droite qui agit en violation permanente du droit international.

Élire une majorité parlementaire autour de la France insoumise sera aussi un moyen de mettre fin à cette complicité, de faire avancer l’exigence de reconnaissance de l’État palestinien par la France et d’appuyer la solution à deux États coexistant pacifiquement par l’application pleine et entière des résolutions de l’ONU (reconnaissance du droit souverain du peuple palestinien à disposer d’un État viable et indépendant, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem Est pour capitale et dans le respect du principe du droit au retour des réfugiés).



Laurent Levard
Jeudi 25 mai 2017