Récits d'experiences de terrain dans le cadre de la campagne législative!

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Ma première des premières journées de campagne législative derrière un candidat. Moi qui votais blanche ou qui avais piscine depuis des années, j'en reviens toujours pas...

Dimanche 14 mai


Matinée, 3ème épisode.






Je vais et viens entre les sourires approbateurs de celles et ceux qui sont venu-e-s faire leur marché aux tracts de campagne et qui ont déjà fait le plein, les mines fermées de celles et ceux qui craignent de se salir en répondant à mon sourire, deux ou trois personnes qui croient que "surtout pas" vaut pour un bonjour, et les "adversaires", nombreux, qui sont venus tracter pour leurs candidats. Les autres prennent mon tract et répondent à mes salutations, quelque-uns promettent d'un regard qu'ils seront au rendez-vous, et je leur indique Nathalie, Laurent et Kévin, leurs candidats présents sur place pour les rencontrer.
Et puis ce truc que j'ai trouvé marrant, deux réponses antagonistes : "Ouaip mais vous faites alliance avec les communistes alors bon..." et "oui mais c'est dégueulasse ce que vous avez fait aux communistes!"
Je m'arrête discuter avec le second. Il dit qu'il y a trahison, que les gens du parti de gauche et du Pc qui ont soutenu Mélenchon n'ont pas mérité ça, qu'on chipote comme ça pour leur interdire l'usage de l'image de Mélenchon et du logo insoumis, que le programme l'avenir en commun d'eux en 2007 et 2012 et puis il me parle des différentes coups de gueules de différentes personnalités qui y ont été un peu fort. Je lui donne mon propre avis : les personnalités sont ce qu'elles sont, humaines, et leur humeurs ne traduisent que leur humanité, et en aucun cas le dispositif, qui lui est plutôt ouvert, finalement. Le programme de l'AEC appartient à tous ceux qui y adhèrent, et beaucoup y ont participé, puis qu'il a également été enrichi de milliers de collaborations en ligne. Je pense également qu'il y a une certaine sclérose dans les appareils de parti qu'il faut à tout prix éviter, et que pour autant la porte est ouverte aux personnes, que par ailleurs il ne leur est pas demandé de renier leur parti ni de rendre leur carte, et que la charte qu'on leur demande de signer est honnête, correcte, elle est ni plus ni moins la base pour ne pas trahir les gens qu'on représente. Il faut absolument éviter en effet que chacun fasse ce qu'il veut sans respecter les valeurs de bases portées par les insoumis-e-s, qui sont celles pour lesquelles elles et ils votent, et qu'elles et ils ont à cœur. Sans quoi ça n'aurait aucun sens. Je lui dis aussi que le logo n'est pas une coquille vide qu'on pourrait remplir avec des intérêts individuels ou d'appareils, elle est habitée par nous tous et il faut la préserver. Par ailleurs le but du jeu est de rendre possible une majorité à l'assemblée, capable, autant que possible, d'entrer au gouvernement par la grande porte, (celle de l'intégrité, pas celle qu'on voit battre en ce moment au mépris total de la population, avec ses petits arrangements et autres postes cadeaux octroyés à droite à gauche avec des scrutins qui ne leur appartiennent pas).
On se raconte un peu, et on se quitte bons amis.
Je rejoins mon groupe, c'est fini pour ce matin.
En fin de journée j'irais me frotter au porte-à-porte, dans un quartier plus favorable, quoi que trop délaissé : le mien.



Récriminer n'est pas proposer