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SUR LES ÉLECTIONS : S’ORGANISER.
Je crois que c’est le défunt Tata Juan Chávez Alonso qui a dit que les partis partagent les peuples, les divisent, les font s’affronter, se battre jusqu’entre familiers.
Et c’est bien ce que nous voyons de temps à autre sur ces terres.
Vous savez que dans plusieurs communautés où nous sommes, eh bien il y des gens qui ne sont pas zapatistes, et qui restent ainsi sans s’organiser, vivant mal et attendant que le mauvais gouvernement leur donne leur aumône pour en tirer quelques photos montrant que le gouvernement est bon.
Alors nous voyons que, à chaque fois qu’il y a des élections, certains se mettent en rouge, d’autres en bleu, d’autres en vert, d’autres en jaune, d’autres décolorés, et voilà. Et ils se disputent entre eux, parfois même entre membre d’une même famille ils se battent. Pourquoi ils se disputent ? Eh bien pour voir qui va les commander, à qui ils vont obéir, qui va leur donner des ordres. Et ils pensent que si telle couleur gagne, eh bien ceux qui ont soutenu cette couleur vont recevoir plus d’aumône. Et alors nous voyons qu’ils disent qu’ils sont très conscients et sûrs d’être partisans, et parfois même ils se tuent entre eux pour une satanée couleur. Car c’est le même qui commande aujourd’hui qui veut la place, parfois il est revêtu de rouge, ou de bleu, ou de vert, ou de jaune, ou il prend une nouvelle couleur. Et ils disent qu’ils sont du peuple et qu’il faut les soutenir. Mais ils ne sont pas du peuple, ce sont les mêmes gouvernants qui un jour sont députés locaux, d’autres sont syndics, d’autres sont permanents d’un parti, qui sont maintenant maires et c’est comme ça qu’ils passent d’un siège à l’autre, et passent également d’une couleur à l’autre. Ce sont les mêmes, les mêmes noms, c’est la famille, les fils, les petits-fils, les oncles, les neveux, les parents, les beaux-frères, les fiancés, les amants, les amis des mêmes enfoirés et foireux de toujours. Et ils disent toujours les mêmes mots : ils disent qu’ils vont sauver le peuple, que désormais ils vont bien se comporter, qu’ils ne vont plus voler autant, qu’ils vont aider les défavorisés, qu’ils vont les sortir de la pauvreté.
Bon, eh bien alors ils dépensent leurs petits sous, qui bien sûr ne sont pas à eux mais qu’ils tirent des impôts. Mais ces foireux et fumiers ne les dépensent pas à aider ou à soutenir les défavorisés. Non. Ils les dépensent à mettre leurs placards et leurs photos sur leurs propagandes électorales, dans les pubs des radios et télévisions commerciales, dans leurs journaux et revues payantes, et ils apparaissent même au ciné.
Enfin bon, ceux qui dans les communautés sont très partisans en temps d’élection et très conscients de la couleur qu’ils portent, lorsque a gagné qui a gagné, tous prennent cette couleur, parce qu’ils pensent qu’ainsi ils leur donneront un petit cadeau.
Par exemple, maintenant ils vont leur donner leur télévision. Bon, comme zapatistes que nous sommes, nous disons qu’ils leur donne une boîte à merde, parce que cette télévision va leur apporter un paquet de merde. Mais si avant ils leur donnaient ou ne leur donnait pas pleinement, maintenant ils ne donnent et ne donneront rien.
S’ils leur donnaient, eh bien c’était pour les rendre paresseux. Ils ont même oublié comment travailler la terre. Ils sont juste là, attendant qu’arrive la paye du gouvernement pour la dépenser en boisson. Et ils sont là dans leurs maisons, se moquant de nous parce que nous allons cultiver, et eux ne font qu’attendre que rentre la femme, la fille, pour l’envoyer chercher les provisions, le soutien du gouvernement.
Mais avant ça arrivait, mais ça n’arrive plus. « Qu’est-ce qui se passe ? », demande le partisan. Et il pense que cette couleur ne sert plus, et il essaye une autre couleur. Et c’est pareil. Dans les assemblées de partisans ils se mettent en colère, ils cirent, ils s’accusent entre eux, s’appellent traîtres, vendus, corrompus. Et il s’agit de ça, ceux qui crient et ceux sur qui on crie sont bien des traîtres, des vendus et des corrompus.
Et donc, comme on dit, la base des partisans, hé bien, se désespère, s’angoisse, est en peine. Il n’y a plus de moqueries parce que dans nos maisons zapatistes il y du maïs, il y a des haricots, il y a des légumes, il y a un peu d’argent pour les médicaments, les vêtements. Et du travail collectif on sort de quoi nous soutenir entre nous en cas de besoin. Il y a l’école, il y a la clinique. Ce n’est pas que le gouvernement vienne nous aider. C’est que nous-mêmes nous nous aidons entre compagnons zapatistes et avec les compañeroas de la Sexta.
Alors vient le frère partisan tout triste et il nous demande ce qu’il fait, cet idiot.
Bon, hé bien sachez ce qu’on répond :
(avril 2015)

Je crois que c’est le défunt Tata Juan Chávez Alonso qui a dit que les partis partagent les peuples, les divisent, les font s’affronter, se battre jusqu’entre familiers.
Et c’est bien ce que nous voyons de temps à autre sur ces terres.
Vous savez que dans plusieurs communautés où nous sommes, eh bien il y des gens qui ne sont pas zapatistes, et qui restent ainsi sans s’organiser, vivant mal et attendant que le mauvais gouvernement leur donne leur aumône pour en tirer quelques photos montrant que le gouvernement est bon.
Alors nous voyons que, à chaque fois qu’il y a des élections, certains se mettent en rouge, d’autres en bleu, d’autres en vert, d’autres en jaune, d’autres décolorés, et voilà. Et ils se disputent entre eux, parfois même entre membre d’une même famille ils se battent. Pourquoi ils se disputent ? Eh bien pour voir qui va les commander, à qui ils vont obéir, qui va leur donner des ordres. Et ils pensent que si telle couleur gagne, eh bien ceux qui ont soutenu cette couleur vont recevoir plus d’aumône. Et alors nous voyons qu’ils disent qu’ils sont très conscients et sûrs d’être partisans, et parfois même ils se tuent entre eux pour une satanée couleur. Car c’est le même qui commande aujourd’hui qui veut la place, parfois il est revêtu de rouge, ou de bleu, ou de vert, ou de jaune, ou il prend une nouvelle couleur. Et ils disent qu’ils sont du peuple et qu’il faut les soutenir. Mais ils ne sont pas du peuple, ce sont les mêmes gouvernants qui un jour sont députés locaux, d’autres sont syndics, d’autres sont permanents d’un parti, qui sont maintenant maires et c’est comme ça qu’ils passent d’un siège à l’autre, et passent également d’une couleur à l’autre. Ce sont les mêmes, les mêmes noms, c’est la famille, les fils, les petits-fils, les oncles, les neveux, les parents, les beaux-frères, les fiancés, les amants, les amis des mêmes enfoirés et foireux de toujours. Et ils disent toujours les mêmes mots : ils disent qu’ils vont sauver le peuple, que désormais ils vont bien se comporter, qu’ils ne vont plus voler autant, qu’ils vont aider les défavorisés, qu’ils vont les sortir de la pauvreté.
Bon, eh bien alors ils dépensent leurs petits sous, qui bien sûr ne sont pas à eux mais qu’ils tirent des impôts. Mais ces foireux et fumiers ne les dépensent pas à aider ou à soutenir les défavorisés. Non. Ils les dépensent à mettre leurs placards et leurs photos sur leurs propagandes électorales, dans les pubs des radios et télévisions commerciales, dans leurs journaux et revues payantes, et ils apparaissent même au ciné.
Enfin bon, ceux qui dans les communautés sont très partisans en temps d’élection et très conscients de la couleur qu’ils portent, lorsque a gagné qui a gagné, tous prennent cette couleur, parce qu’ils pensent qu’ainsi ils leur donneront un petit cadeau.
Par exemple, maintenant ils vont leur donner leur télévision. Bon, comme zapatistes que nous sommes, nous disons qu’ils leur donne une boîte à merde, parce que cette télévision va leur apporter un paquet de merde. Mais si avant ils leur donnaient ou ne leur donnait pas pleinement, maintenant ils ne donnent et ne donneront rien.
S’ils leur donnaient, eh bien c’était pour les rendre paresseux. Ils ont même oublié comment travailler la terre. Ils sont juste là, attendant qu’arrive la paye du gouvernement pour la dépenser en boisson. Et ils sont là dans leurs maisons, se moquant de nous parce que nous allons cultiver, et eux ne font qu’attendre que rentre la femme, la fille, pour l’envoyer chercher les provisions, le soutien du gouvernement.

Mais avant ça arrivait, mais ça n’arrive plus. « Qu’est-ce qui se passe ? », demande le partisan. Et il pense que cette couleur ne sert plus, et il essaye une autre couleur. Et c’est pareil. Dans les assemblées de partisans ils se mettent en colère, ils cirent, ils s’accusent entre eux, s’appellent traîtres, vendus, corrompus. Et il s’agit de ça, ceux qui crient et ceux sur qui on crie sont bien des traîtres, des vendus et des corrompus.
Et donc, comme on dit, la base des partisans, hé bien, se désespère, s’angoisse, est en peine. Il n’y a plus de moqueries parce que dans nos maisons zapatistes il y du maïs, il y a des haricots, il y a des légumes, il y a un peu d’argent pour les médicaments, les vêtements. Et du travail collectif on sort de quoi nous soutenir entre nous en cas de besoin. Il y a l’école, il y a la clinique. Ce n’est pas que le gouvernement vienne nous aider. C’est que nous-mêmes nous nous aidons entre compagnons zapatistes et avec les compañeroas de la Sexta.
Alors vient le frère partisan tout triste et il nous demande ce qu’il fait, cet idiot.
Bon, hé bien sachez ce qu’on répond :

- 8 Septembre 2015 17:12
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