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Fil de discussion: Redéfinition du concept de progrès
Merci de relancer le débat :D
Je partage tout à fait ton avis sur la nécessaire corrélation entre progrès et intérêt général, comme toi je pense que toutes les évolutions sociales, juridiques ou technologiques ne peuvent être considérées comme des progrès qu'à la condition de servir l'intérêt général.
Je regrette de ne pas avoir usé de ce terme avant ton intervention, cela aurait sans doute évité une cristallisation sur les ravages causés par les techniques mises au service des intérêts privés (ce qui est dénoncé avec raison par, entre autres, Chico).
Le texte que tu as lié à ta réponse contient quelques passages très intéressants, celui ci est, à mon sens, le plus notable :
" il convient que le choix des fins considérées comme étant d'intérêt général puisse, en permanence, faire l'objet d'une discussion. A tout moment, il doit être possible de préciser les contours de cette notion et de faire valider, par des procédures démocratiques, les fins retenues comme étant d'intérêt général, afin qu'elles relèvent effectivement de la volonté générale"
J'aime les juristes par moment, là c'est le cas
Clair, concis et universel.
L'intérêt général ne peut être défini que pour une société, par cette société et pour un moment de l'histoire de cette société.
L'intérêt général doit suivre le cours des idées et répondre aux problèmes actuels, choses en mouvement quasi perpétuel. Il ne peut être figé dans le marbre ou sur parchemin, il doit pouvoir changer en réponse aux changements d'idées et de données à prendre en compte.
Je dois apporter quelques bémols à ton post
1) "la doctrine se contente de dire qu'elle est une notion évolutive, ce qui justifie la fermeture de certains services publics devenus obsolètes à notre époque comme celui des télécommunications."
Rien n'est moins obsolète à l'heure actuelle que les communications. Internet, la téléphonie, le satellitaire, etc. sont les secteurs les plus porteurs économiquement. Le service postal et les télécommunications ont été scindés en deux groupes par pure idéologie. La fracture numérique n'existerait pas s'il n'y avait pas eu la décision de donner la partie rentable aux intérêts privés et de laisser uniquement la partie en perte de vitesse, le courrier classique, dans le giron public.
De façon plus générale la possibilité d'obsolescence d'un service public est absurde. Si on ne place pas l'aspect financier individuel (comprendre que certains ne veuillent pas payer plus que ce dont ils pensent avoir besoin (1)) au delà de l'humain, rien ne justifie qu'un besoin commun à tous ne soient plus organisés par tous et pour tous.
2) "L'intérêt général est issu de la concurrence "libre" de tous les agents et celle lutte va faire apparaître par les gains de productivité qu'elle produit, un intérêt général. Donc selon cette tendance, la réduction de l'état a son strict minimum est une nécessité impérative puisque l'état, régulateur par définition, va distordre cette compétition.
Bien sûr, il s'agit là d'un résumé extrêmement simpliste mais je le pense juste sur le fond. Pour ma part, je trouve cette conception assez proche de la sélection naturelle de Darwin."
La sélection naturelle que Darwin décrit, Darwin lui même pas les cochons qui se sont emparés d'une infime part de ses travaux, place l'entraide au sein de l’espèce comme le principal facteur de l'évolution. Les perroquets ou les suricates sont de très bons exemples de bestioles qui devraient disparaître à peine nées si la guerre de tous contre tous était la norme dans le règne animal. Pour un requin combien de bancs de poissons? Combien de prédateurs chassant en meute pour un véritable solitaire? Fin de la réponse dans le point ci dessous.
3) "« Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général. » Karl Marx, l’Idéologie allemande. On voit à quel point cette formule est désespérante, cyclique, inéluctable. "
Karl analysait, constatait, rien de plus. Ce qu'il dit est que pour asseoir une domination, rien ne vaut une justification telle que le bien commun, cela ne veut pas dire qu'aucun bien commun n'est possible ; Marxinounet a écrit cela pour que l'on puisse essayer de se prémunir de la version des dominants, j'en reviens donc à la soi disant vérité primale de la guerre permanente : on nous bassine avec ça pour nous faire gober que la recherche égoïste de son propre intérêt aboutit au bien commun, que de tout temps il en a été ainsi. La bourgeoisie justifie sa rapacité par ce discours depuis qu'elle a confisqué le pouvoir. Mais si on regarde n'importe quel groupe humain où le capitalisme n'a pas tout détruit on voit l'exact opposé. Et si on a la curiosité de jeter un oeil sur le passé des peuples les plus capitalistes ont voit la même chose : de la solidarité, des biens communs, du soutien mutuel.
(1)Ca mériterait un débat... Combien couterait, à chaque habitant, une route arrivant à Deauville si la communauté entière (qu'elle soit nationale, départementale ou régionale) n'en prenait pas la charge?
Je partage tout à fait ton avis sur la nécessaire corrélation entre progrès et intérêt général, comme toi je pense que toutes les évolutions sociales, juridiques ou technologiques ne peuvent être considérées comme des progrès qu'à la condition de servir l'intérêt général.
Je regrette de ne pas avoir usé de ce terme avant ton intervention, cela aurait sans doute évité une cristallisation sur les ravages causés par les techniques mises au service des intérêts privés (ce qui est dénoncé avec raison par, entre autres, Chico).
Le texte que tu as lié à ta réponse contient quelques passages très intéressants, celui ci est, à mon sens, le plus notable :
" il convient que le choix des fins considérées comme étant d'intérêt général puisse, en permanence, faire l'objet d'une discussion. A tout moment, il doit être possible de préciser les contours de cette notion et de faire valider, par des procédures démocratiques, les fins retenues comme étant d'intérêt général, afin qu'elles relèvent effectivement de la volonté générale"
J'aime les juristes par moment, là c'est le cas
L'intérêt général ne peut être défini que pour une société, par cette société et pour un moment de l'histoire de cette société.
L'intérêt général doit suivre le cours des idées et répondre aux problèmes actuels, choses en mouvement quasi perpétuel. Il ne peut être figé dans le marbre ou sur parchemin, il doit pouvoir changer en réponse aux changements d'idées et de données à prendre en compte.
Je dois apporter quelques bémols à ton post
1) "la doctrine se contente de dire qu'elle est une notion évolutive, ce qui justifie la fermeture de certains services publics devenus obsolètes à notre époque comme celui des télécommunications."
Rien n'est moins obsolète à l'heure actuelle que les communications. Internet, la téléphonie, le satellitaire, etc. sont les secteurs les plus porteurs économiquement. Le service postal et les télécommunications ont été scindés en deux groupes par pure idéologie. La fracture numérique n'existerait pas s'il n'y avait pas eu la décision de donner la partie rentable aux intérêts privés et de laisser uniquement la partie en perte de vitesse, le courrier classique, dans le giron public.
De façon plus générale la possibilité d'obsolescence d'un service public est absurde. Si on ne place pas l'aspect financier individuel (comprendre que certains ne veuillent pas payer plus que ce dont ils pensent avoir besoin (1)) au delà de l'humain, rien ne justifie qu'un besoin commun à tous ne soient plus organisés par tous et pour tous.
2) "L'intérêt général est issu de la concurrence "libre" de tous les agents et celle lutte va faire apparaître par les gains de productivité qu'elle produit, un intérêt général. Donc selon cette tendance, la réduction de l'état a son strict minimum est une nécessité impérative puisque l'état, régulateur par définition, va distordre cette compétition.
Bien sûr, il s'agit là d'un résumé extrêmement simpliste mais je le pense juste sur le fond. Pour ma part, je trouve cette conception assez proche de la sélection naturelle de Darwin."
La sélection naturelle que Darwin décrit, Darwin lui même pas les cochons qui se sont emparés d'une infime part de ses travaux, place l'entraide au sein de l’espèce comme le principal facteur de l'évolution. Les perroquets ou les suricates sont de très bons exemples de bestioles qui devraient disparaître à peine nées si la guerre de tous contre tous était la norme dans le règne animal. Pour un requin combien de bancs de poissons? Combien de prédateurs chassant en meute pour un véritable solitaire? Fin de la réponse dans le point ci dessous.
3) "« Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général. » Karl Marx, l’Idéologie allemande. On voit à quel point cette formule est désespérante, cyclique, inéluctable. "
Karl analysait, constatait, rien de plus. Ce qu'il dit est que pour asseoir une domination, rien ne vaut une justification telle que le bien commun, cela ne veut pas dire qu'aucun bien commun n'est possible ; Marxinounet a écrit cela pour que l'on puisse essayer de se prémunir de la version des dominants, j'en reviens donc à la soi disant vérité primale de la guerre permanente : on nous bassine avec ça pour nous faire gober que la recherche égoïste de son propre intérêt aboutit au bien commun, que de tout temps il en a été ainsi. La bourgeoisie justifie sa rapacité par ce discours depuis qu'elle a confisqué le pouvoir. Mais si on regarde n'importe quel groupe humain où le capitalisme n'a pas tout détruit on voit l'exact opposé. Et si on a la curiosité de jeter un oeil sur le passé des peuples les plus capitalistes ont voit la même chose : de la solidarité, des biens communs, du soutien mutuel.
(1)Ca mériterait un débat... Combien couterait, à chaque habitant, une route arrivant à Deauville si la communauté entière (qu'elle soit nationale, départementale ou régionale) n'en prenait pas la charge?
- 12 Octobre 2015 22:23
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