"La Nature Humaine" article sur un faux argument

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Education, environnement, société capitaliste... La nature humaine, elle existe dès les premières secondes de la naissance. Or, dès les premières secondes de la naissance, que dis-je, avant même que le bébé sorte de lui-même, on lui inculque le non-respect, on le violente, on lui apprend "qui est le chef", et c'est pas lui. Avant même sa naissance : on déclenche (en blessant le corps de sa mère ou avec des produits de synthèse) au lieu d'attendre qu'il donne son signal. On accélère pareil quand on estime (sur des critères liés au capitalisme et à l'organisation des services) qu'il ne sort pas assez vite. On le sort de force en lui tirant la tête, forceps, spatules. Parfois on le sort sans répit par des césariennes non indispensables (je ne remets pas en cause les césariennes qui sauvent des vies, ceux qui ont un peu planché sur le sujet sauront de quoi je parle et ne crieront pas à l'obscurantisme).
On coupe son cordon précipitamment, le mettant dans une situation de détresse : "maintenant tu respires tout de suite avec tes poumons ou tu meurs, même si ça te fait mal" au lieu d'attendre que le cordon ait fini de battre en assurant la transition avec la respiration "aérienne".
Ça y est il est sorti. On le tient à l'envers, on le claque (enfin, plus maintenant). On l'éloigne du corps de l'odeur et du lait de sa mère, on lui fourre des trucs inutiles dans la gorge, bien bien profond dans l'œsophage, pour vérifier des trucs qui peuvent pourtant se vérifier autrement. On le pique au talon, on lui met des trucs dans les yeux, là, tout de suite, comme si c'était indispensable ou que ça pouvait pas attendre.
Ça, c'est rien que la naissance.
On lui apprend qu'il peut crier autant qu'il veut, ça ne changera rien.
Après, on le rationne, on lui donne à manger aux heures qu'on a choisies. On décide qu'il est petit le jour, mais qu'il doit se démerder tout seul la nuit, faire face tout seul à ses angoisses, pour l'autonomiser. Mon cul. On ne peut pas contraindre la marche vers l'autonomie, encore moins comme ça. Et ça, c'est rien que les premières semaines.
Les connexions neuronales se font grâce au toucher, eh bien tant pis, on le place loin des corps : transats, poussettes, berceaux, chaises hautes, et puis après on se sent malin de lui filer des gadgets pour stimuler son éveil, toujours sans le toucher hein. En revanche, on est prompt à le retenir physiquement quand il a une velléité d'autodétermination... La suite, toujours des décisions auquel le petit d'humain n'a pas part. On sait mieux que lui s'il a trop chaud, s'il a trop froid, s'il doit mettre des chaussures au lieu de gambader pieds nus, quelle quantité il doit encore manger. On lui enlève des choses des mains pour forcer le partage mais on le blâme quand il fait de même. On lui apprend la manipulation ou on le prend pour un con en lui proposant le bleu ou le vert (alors qu'il ne veut pas mettre de manteau).
Et ça, c'est quand on a des adultes dits bienveillants.
L'empathie, la disposition à la bienveillance et à l'entraide, les petits d'humains les ont à la naissance. Mais peu d'enfants voient leur intégrité physique et psychique suffisamment respectée pour conserver ces qualités intactes jusqu'au moment où ils sont assez grands pour pouvoir se défendre.
Et sinon j'aime bien Kropotkine, aussi.

edit: un site que j'aime bien et qui parle de cette violence éducative ordinaire: http://oveo.org/
= "La Violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines", d'Olivier Maurel:
"On savait que la violence éducative était un phénomène mal connu. Mais le plus étonnant, c'est qu'il est méconnu même des scientifiques de haut niveau qui travaillent sur la violence. A quelques très rares exceptions près, ils ne disent pas un mot de la violence éducative, alors qu'il y a de bonnes raisons de penser que ce phénomène massif dont sont victimes, à divers degrés, la majorité des enfants est en grande partie la source des autres violences. De plus, les mêmes spécialistes des sciences humaines continuent à privilégier les explications qui accusent les enfants d'être à l'origine de la violence. (...)"