Commentaire sur le mur : #7135
ENCORE UN MORT AUX MAINS DE LA POLICE
Hier, à Beaumont-sur-Oise, un jeune homme de 24 ans a perdu la vie alors qu’il se trouvait aux mains de la police. La mort d’Adama Traoré a embrasé le quartier et ...ENCORE UN MORT AUX MAINS DE LA POLICE
Hier, à Beaumont-sur-Oise, un jeune homme de 24 ans a perdu la vie alors qu’il se trouvait aux mains de la police. La mort d’Adama Traoré a embrasé le quartier et les coeurs de ceux qui attendaient son retour à la maison. Nos collectifs ne peuvent que s’associer à la douleur des proches et tiennent à exprimer toute leur solidarité.
Cette fois encore - ce genre de «drames» arrivant plus souvent qu’on ne veut se l’avouer - les circonstances de la mort du jeune homme sont floues. Selon les gendarmes, Adama Traoré serait décédé des suites d’un «malaise cardiaque» survenu au moment de l’interpellation ; les habitant-e-s du quartier parlent, quant à eux, de violences qui auraient conduit au décès du jeune homme. Le frère d’Adama est formel : pour lui, il ne s’agit pas d’une crise cardiaque mais des conséquences des coups portés par les gendarmes.
Cette fois encore donc, de vives tensions ont émaillé le quartier où vivait Adama Traoré. Rien de bien nouveau. Depuis 1979, à chaque mort par la police, ce sont les mêmes scènes qui se jouent dans des quartiers en quête de vérité et justice.
Les déroulés de ces histoires sont malheureusement trop bien connus : décès, révolte du quartier, manque de précisions sur le déroulé exact des évènements, préférence systématique donnée à la version policière, criminalisation de la victime et mépris. Ces stratégies utilisées de manière systématique dans les affaires de violences et crimes policiers s’inscrit dans une tradition bien locale de déni de justice et d’impunité policière. Surtout quand les méfaits ont lieu dans des quartiers populaires (et sur des descendant-e-s de l’immigration postcoloniale) transformés en laboratoire des violences policières par les forces de l’ordre.
Évidemment, ceux qui, parmi les politiques, journalistes et intellectuels, sont d’habitude si prompts à commenter les violences policières et les tensions raciales aux États-Unis retournent bien vite à leur daltonisme quand les même faits conduisent aux mêmes conséquences en France. S’il ne s’agit nullement de comparer la réalité étasunienne à la nôtre, force est de constater que les morts, blessés et mutilés par la police ne jouissent pas ici d’un traitement politique et médiatique digne de ce nom.
Face à ce mutisme et à l’incapacité des gouvernements quels qu’ils soient de prendre à bras le corps les problèmes de violences policières, de racisme institutionnel et de justice sociale, les mobilisations n’ont pas faibli. Loin de là. Malgré la criminalisation de leurs combats et de leurs revendications, familles de victimes, associations de quartier et collectifs contre les violences policières/antiracistes auront toujours à coeur de continuer leur combat pour la justice et la vérité.
Tous se tiennent à d’ailleurs à la disposition des proches d’Adama Traoré pour les accompagner et les soutenir dans ce moment particulièrement difficile. Un hommage lui sera rendu lors de la marche #BlackLivesMatter qui aura lieu le samedi 23 juillet à 14h au départ de Châtelet-les-Halles.
Contacts presse :
Amal Bentounsi, Urgence Notre Police Assassine
- c/c depuis la liste "Assemblée Paris" (créée suite à la mort de Rémi Fraisse pour lutter contre les violences policières)
1) On a pas la même culture de l'arme et de la légitime défense. Ca explique qu'il y est moins d'occurrences d'arrestation/interpellation mortelles par ici. On se contente bien souvent d'humilier, de faire perdre le...