Mis à jour du statut : #20305
Des mécaniques à mensonge
Puisque , suivant l’idéologie des démocrates, le Peuple ne peut se
gouverner lui-même, et qu’il est forcé de se donner des représentants qui le gouvernent par délégation et sou...Des mécaniques à mensonge
Puisque , suivant l’idéologie des démocrates, le Peuple ne peut se
gouverner lui-même, et qu’il est forcé de se donner des représentants qui le gouvernent par délégation et sous bénéfice de révision, on suppose que le Peuple est tout au moins capable de se faire représenter, qu’il peut se faire représenter fidèlement.
– Eh bien ! Cette hypothèse est radicalement fausse ; il n’y a point, il ne saurait y avoir jamais de représentation légitime du Peuple.
Tous les systèmes électoraux sont des mécaniques à mensonge : il suffit d’en connaître un seul pour prononcer la condamnation de tous.(…
Quoiqu’on fasse, il y aura toujours, en tout système électoral, des exclusions, des absences, des votes nuls, erronés ou pas libres.(…
Je veux voir, je veux entendre le Peuple dans sa variété et sa multitude, tous les âges, tous les sexes, toutes les conditions, toutes les vertus, toutes les misères : car tout cela c’est le Peuple.(…
Tous les citoyens, qui pour diverses raisons, seront forcés de s’abtenir, comment les comptez-vous ?
Sera-ce d’après le proverbe : Qui ne dit rien consent ? Mais consent à quoi ? à l’opinion de la majorité, ou bien celle de la minorité ?…
Et ceux qui ne votent pas que par entraînement, par complaisance ou intérêt, sur la foi du comité républicain ou de leur curé : quel cas en faites-vous.
C’est une vieille maxime qu’en toute délibération il faut non-seulement compter les suffrages, mais les peser.
Direz-vous que la considération due aux hommes de mérite leur est acquise par l’influence qu’ils exercent sur les électeurs ?
Alors les suffrages ne sont pas libres.
C’est la voix des capacités que nous entendons, ce n’est pas celle du Peuple.(…
Je ne discute pas, je le répète, ce coté purement matériel de la question : je m’en tiens au droit.
Ce qu’on obtenait auparavant de la vénalité, aujourd’hui on l’arrache à l’impuissance.
On dit à l’électeur : Voici nos amis, les amis de la République : choisissez.
Et l’électeur qui ne peut apprécier l’idonéité des candidats, vote de confiance ! (…
Si les représentants doivent représenter, non pas les départements, ni les arrondissements, ni les villes, ni les campagnes, ni l’industrie, ni le commerce, ni l’agriculture, ni les intérêts, – mais seulement la France !
pourquoi a-t-on décidé qu’il y aurait un député par 40.000 habitants ?
Pourquoi pas un par 100.000 ou 200.000 !
Quatre-vingt-dix, au lieu de neuf cents, ne suffisent-ils pas ? ne pouviez-vous pas, à Paris , arrêter votre liste, pendant que les légitimistes, les conservateurs, les dynastiques auraient arrêté la leur ?
Etait-il plus difficile de voter sur une liste de 90 noms, que sur une de 15 ?
Mais qui ne voit que des députés ainsi élus en dehors de tout intérêt, de toute spécialité, de toute considération de lieux et de personnes, à force de représenter la France, ne représentent absolument rien ; qu’ils ne sont plus des mandataires , mais des sénateurs, et qu’à la place d’une démocratie représentative, nous avons une oligarchie élective, le moyen terme entre la démocratie et la royauté ? »