Commentaire sur le mur : #6875
Maison occupée par les zadistes : le tribunal d'Agen se réunit mardi
Ce ne sera pas la première fois qu'on les sommera de partir. Et il y a fort à parier que ça ne les ébouriffera pas outre mesure. En ...Maison occupée par les zadistes : le tribunal d'Agen se réunit mardi
Ce ne sera pas la première fois qu'on les sommera de partir. Et il y a fort à parier que ça ne les ébouriffera pas outre mesure. En juin dernier déjà, les juges avaient décidé d'expulser les occupants de la maison appelée La Bergerie, bâtiment appartenant à l'Établissement public foncier local (EPFL) qui agit pour le compte de l'Agglomération d'Agen, promoteur du Technopole de la discorde. Ce n'est pas pour autant qu'ils ont quitté les lieux.
Alors mardi, quand va être rendue au tribunal d'Agen la décision concernant l'occupation par les zadistes d'une autre maison de Sainte-Colombe-en-Bruilhois, et quand bien même la justice déciderait l'expulsion, ce n'est pas pour autant qu'ils prendront leurs cliques et leurs claques.
Quand les zadistes s'en vont, c'est parce qu'ils le veulent bien et que d'autres zones à défendre les éloignent trois ou quatre jours du Lot-et-Garonne, le temps d'aller soutenir des copains à Sivens, contre le projet de barrage, à Bure (Meuse), contre le projet d'un centre d'enfouissement des déchets nucléaires, à Notre-Dame-des-Landes, contre le projet d'aéroport, voire même jusqu'en Allemagne d'où revient Sylvain après avoir bloqué, en compagnie d'un millier d'activistes, durant une journée entière, la gigantesque mine de charbon de Garzweiler. Il s'y est aussi fait courser par un des 800 agents de sécurité engagés par le puissant conglomérat allemand RWE et déployés sur le site, qui l'a plaqué au sol et étouffé, avant de lui farcir la bouche de sable pour l'empêcher de crier, relate-t-il. Rien de tel à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, quand bien même les zadistes sont convaincus que Jean Dionis du Séjour essaie de monter les agriculteurs et la Coordination rurale contre eux. Une technique de la division somme toute assez classique selon les zadistes : « À Sivens, on s'est fait tirer dessus par des chasseurs parce qu'on avait été leur raconter que nous volions dans les fermes et que l'on commettait tout un tas d'autres méfaits. »
Quelques zadistes iront mardi au tribunal. Les autres resteront sur la zone à défendre, au cas où...
« L'EPFL veut passer en force et créer des antagonismes entre nous et les riverains », analyse Sylvain. Néanmoins, pas de quoi décourager les zadistes de continuer à défendre la zone…
Et si quelques-uns d'entre eux ont prévu de se rendre au tribunal d'Agen mardi, on n'y verra cependant pas la troupe complète. Pas question de laisser le champ libre à une quelconque entreprise de démolition mandatée par l'EPFL, qui voudrait profiter d'une présence massive de zadistes au palais de justice pour abattre des maisons dans leur dos.
Une veille permanente
Depuis vendredi dernier et leur arrivée précipitée mais tardive sur le terrain d'une maison que les bulldozers venaient d'attaquer, les zadistes sont plus que jamais aux aguets. Une veille permanente qui ne les empêche pas de préparer eux aussi, à leur façon, la rentrée dans la maison qu'ils ont baptisé « le labo » et dans laquelle ils vont proposer des initiations gratuites au graff, à la peinture ou à la musique, pour les enfants comme pour les adultes.
http://www.sudouest.fr/2015/08/31/les-zadistes-jug...