Commentaire sur le mur : #6351
Un mois après l’installation d’une dizaine de militants s’opposant au projet de technopole Agen-Garonne, la vie s’organise. Entre attente des forces de l’ordre et vie quotidienne sur la ZAD de Sainte-...Un mois après l’installation d’une dizaine de militants s’opposant au projet de technopole Agen-Garonne, la vie s’organise. Entre attente des forces de l’ordre et vie quotidienne sur la ZAD de Sainte-Colombe.
Sous un soleil d’hiver, le mirador des zadistes s’élève tout doucement vers le ciel. Trois étages sont prévus. Les palettes de bois servant à la construction arrivent dans la camionnette d’un sympathisant. « Les flics pourront pas nous déloger, il faudra qu’ils fassent appel au GRIMP », explique Frédo, un zadiste présent depuis le début. « Mais vous êtes sûrs qu’on peut y tenir ? », demande un des militants. « Oui les fondations sont enfoncées d’un mètre dans le sol », assure Frédo.
Depuis un mois que la ZAD de Sainte-Colombe-en-Bruilhois est née, les occupants ne baissent pas les bras. La petite parcelle de 6 hectares prend des airs d’un célèbre village gaulois. Avec dans le rôle des Romains, l’Agglomération d’Agen et son projet de technopole.
Une dizaine de zadistes
De quoi hérisser le poil des zadistes qui s’y succèdent. Certains sont là depuis le début, d’autres comme le Villeneuvois Ugo, 20 ans, viennent donner un coup de main et repartent, « même si je préférerais rester ici ». Et ici, c’est chez eux maintenant. Les multiples procédures visant à les déloger (voir encadré
n’entamant pas leur détermination à lutter « contre le bétonnage de terres agricoles ». « On est une dizaine, c’est pas énorme mais on peut mobiliser en un clin d’oeil, assure cet autre militant, et on a de quoi tenir. » Outre les tentes bâchées de plastique et entourées de rigoles pour canaliser les eaux de pluie, ils disposent d’un abri en dur mis à disposition par le maître des lieux. « On vit sur les dons des gens, il y a un free shop avec des habits, sinon on récupère les aliments jetés par les supermarchés du coin ».
« Je suis Camille »
Des arbres ont également été plantés en attendant les légumes quand ce sera la saison. « On veut faire vivre la terre, que les Agenais en profitent », répète « Camille », qui a « douze ans, non dix-huit ans… Enfin mettez ce que vous voulez. » Camille, un prête-nom unisexe que les zadistes offrent à la presse. Histoire de bien montrer qu’ils ne font qu’un. Même avec leur hôte Joseph Bonotto, propriétaire des lieux qui les a appelés à l’aide, s’y convertit. « Je n’ai rien à déclarer, mes propos ont été trop déformés », répète-t-il. Et de se raviser : « Si, dites que je suis Camille ». Avant que Camille Bonotto, donc, ne parte faire visiter les lieux aux nombreux curieux de passage.
Début des travaux toujours prévu cet été
L’Agglo a décidé de réduire à son strict minimum sa communication. Histoire de ne pas donner plus d’écho médiatique à la ZAD et surtout pour faire avancer les procédures judiciaires engagées dans le calme. Deux huissiers se sont déplacés sur les lieux pour constater une occupation qui aurait débordé sur des terres n’appartenant pas à l’agriculteur. Par ailleurs, une procédure d’expropriation est toujours en cours suite à l’échec des négociations à l’amiable pour acquérir les terres de Joseph Bonotto. La Déclaration d’utilité publique signée par le préfet joue également en faveur de la légalité de la zone d’activité à naître. Confirmé par l’Agglo, le chantier est toujours prévu pour l’été 2015. Les entreprises candidates à l’implantation seraient, selon cette même source, toujours motivées par le projet.