Commentaire sur le mur : #6792
"C'est infiniment triste, et vraiment scandaleux, de profiter à ce point des artistes et des artisans sous prétexte de leur donner un poil de visibilité. [...] Mais que fait Montréal pour sa relève ar..."C'est infiniment triste, et vraiment scandaleux, de profiter à ce point des artistes et des artisans sous prétexte de leur donner un poil de visibilité. [...] Mais que fait Montréal pour sa relève artistique?"
Le musée McCord m'a récemment abordée pour me demander de faire une activité de sérigraphie "live" dans leur musée à l'automne. L'événement, prévu pour environ 500 personnes, demande une pré-impression d'au moins 300 affiches, ainsi qu'une présence de plus de 5 heures sur place avec un assistant.
Le musée m'a avertie qu'il n'y avait aucun budget pour cette activité, mais qu'ils étaient prêts à payer les frais de matériel minimum. J'ai demandé un cachet de 150$ pour couvrir les frais de papier, d'acétates, d'encre, d'émulsion, de taxi, et pour pouvoir donner un petit 60 piasses à mon assistante. Je leur offrais, de bonne grâce, un beau 12 à 15 heures de travail, en échange de quelques mentions dans leurs communications.
Le musée a refusé mon offre. Alors je vais me permettre, aujourd'hui, de pousser ce coup de gueule: c'est infiniment triste, et vraiment scandaleux, de profiter à ce point des artistes et des artisans sous prétexte de leur donner un poil de visibilité. Dans de telles circonstances, ce n'est vraiment pas étonnant que nous ayons autant de mal à survivre de notre travail, et que la majorité d'entre nous doivent cumuler 2 jobs pour réussir à garder la tête hors de l'eau. On s'étonne, dès lors, que tous les créatifs un peu censés choisissent de partir à l'étranger quand leur carrière commence à décoller... mais que fait Montréal pour sa relève artistique? Aujourd'hui, au nom de tous les artistes exploités, je m'insurge.
- la Bourgeoise Sérigraphe