Dans la nuit du 2 au 3 décembre 2015, Babacar Gueye, 27 ans, avait été tué lors d'une intervention de la police dans un immeuble de Maurepas, à Rennes.

En état de détresse psychologique avec auto-mutilation au couteau, il attendait les pompiers contactés par son ami pour lui venir en aide. C'est malheureusement la Bac qui est arrivée sur les lieux avant eux, étant notifiée automatiquement lors d'appels faisant état de présence d'arme dans un quartier réputé comme sensible.
L'état de terreur de la victime a considérablement augmenté sous l'effet des sirènes et autres gyrophares, amenuisant probablement d'autant ses chances de survie lors des événements qui ont suivi.
En mal d'action peut-être, comme cela a pu être mis en avant lors d'une enquête sur la Bac, mais surtout en proie à des préjugés terrifiants, et probablement dépourvus d'une formation adéquate pour appréhender une personne en état de crise, les policiers intervenants semblent avoir très vite paniqué. Boubacar a alors reçu cinq balles dans le corps, dont deux dans le thorax qui lui ont été fatales.

Il y'a fort à parier que les pompiers s'en seraient mieux sortis.
« Il était parti du Sénégal et avait traversé de nombreuses épreuves pour rejoindre sa sœur, travailler ici et aider sa famille là-bas, indique le collectif dans un communiqué. C'était un homme plein de joie, malgré l'angoisse quotidienne depuis trois ans d'être contrôlé et expulsé pour ne pas avoir reçu de titre de séjour. Ces traumatismes nourriront la panique de cette nuit fatale. »
Le collectif Justice pour Babacar demande l'ouverture d'un procès pour obtenir la vérité.
20 juillet / 27 juillet, la Bac de Rennes ressort dans une autre affaire qui met en évidence un problème comportemental sans équivoque.
Le patron de l'équipe responsable de la mort de Babacar est aujourd'hui en attente de verdict dans une autre affaire. Une affaire qui révèle un comportement hallucinant, et des faits d'une violence gratuite suivie de plainte diffamatoire et fausses déclarations. L'avocate du jeune homme violenté par le patron de la Bac voit, entre ce comportement et la mort de Babacar, " une relation de cause à effet, Les pratiques du patron de la BAC influencent ses équipes et expliquent la réputation de la brigade rennaise."
Le "taureau", comme le décrit son propre avocat, est poursuivi pour violences par personne dépositaire de la force, faux en écriture et fausse dénonciation, à la suite de cette interpellation brutale filmée par la vidéosurveillance le 5 mai dernier.
" « Le major est alors entré seul dans le bar à la poursuite de mon client, qui n’a pas cherché à se défendre, raconte l’avocate de l’interpellé, Gwendoline Tenier. Il lui a enfoncé le pouce dans l’œil pour le mettre au sol. » L’homme glisse par terre. Alors qu’il est assis, le policier l’attrape par le col. Et lui envoie son genou à la figure. Dans la salle, un client âgé s’avance pour protester, il est repoussé sans ménagement. Le major Jouan tient sa promesse et dépose plainte pour outrage et rébellion contre cette personne au « comportement anarchique ». Mais une caméra de vidéosurveillance a saisi la violente interpellation. Le procureur voit les images. Il saisit l’Inspection générale de la police nationale."

La brigade anticriminalité (BAC) de Rennes ici en intervention en marge d'une manifestation. — C. Allain / APEI / 20 Minutes
Pour Didier Fassin, qui a accompagné des brigades entre 2005 et 2007, les autorités sont largement responsables de ces graves dérives, leur ayant volontairement donné une forte autonomie. Un « chèque en gris » aggravé par la politique du chiffre, qui vient servir des dérives sécuritaires. Source : l'Humanité, le 27 Juillet 2017.
Verdict, 10 mois en sursis.
Garder un œil citoyen sur la suite des événements pourrait, peut-être, éviter que soit en quelque sorte autorisée la récidive. Relayer n'est donc pas vain.
(cf la presse du jour, dont Le parisien, Le Figaro, Ouest France, France Bleue, 20 Minutes, Mediapart, etc...)
- 28 Juillet 2017 12:00
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