Criminalisation des résistances sociales.

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Gaspard Glanz et Taranis News*,
des reporters indépendants,
...sous le feu répressif.

L'audience prévue le 16 Janvier 2017 au tribunal de grande instance de Rennes, pour avoir titré "Ein Volk, en Reich, ein Führer" la photo d'une équipe de police, avait été reportée au 10 d'avril, en voici le compte-rendu d'audience : http://www.epris-de-justice.info/gaspard-glanz-nou...
Le délibéré sera rendu le 2 mai. Le procureur et l'avocat des agents de police demandent 9000 Euro pour cette photo exprimant le ressenti du traitement policier des mouvements sociaux de la période (6000e d'amende + 250 par tête pour préjudice moral. Sources presse : France3 Bretagne
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Criminalisation des luttes sociales (pour lire le fil du début), à voir aussi : "L'enfermement"

On se souvient que, déjà lors de la cop 21, l’État d’Urgence permettait de distribuer, sur fond feutré de violences verbales et physiques encore méconnues, d’étonnantes assignations à résidences et autres interdictions de séjours, touchant des militants pratiquement sans histoires. Et déjà, des reporters indépendants comme Nnoman, rendant compte des réalités de terrain, se trouvaient alors dans le viseur.
Gaspard Glanz, lui aussi, passe, à l'occasion de cette cérémonie à prétention environnementale, 18h en garde à vue pour avoir filmé une action pacifique en marge de la COP21 à Strasbourg, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui, mais sans qu’on lui restitue son matériel...

Le 26 Octobre, dans un sentiment de déjà vu, nous apprenons la nouvelle garde à vue de Gaspard Glanz à Calais, qui durera 33 heures. « VOUS SAVEZ ÇA VIENT D’EN HAUT. DE TOUT EN HAUT »
À l’issue de cette garde-à-vue dont on peine à comprendre les tenants et les aboutissants, il écope d’un contrôle judiciaire qui le contraint à pointer tous les samedis dans sa ville de naissance, et de ce fait, l’entrave considérablement dans son travail, puisque, d’une part, il ne peut plus couvrir les festivals musicaux qui se déroulent principalement les week-ends, et que d’autre part, les frais de déplacements doublés du fait de ce retour obligé en fin de semaine, ne lui permettent pas d’assurer plus des 2 dixièmes de ses piges habituelles.

Les motifs de ce contrôle judiciaire : Il est accusé d’avoir bravé le 26 octobre une interdiction de séjourner sur Calais dont a il été notifié le 27, ( voir doc ci-après), et d’avoir ramassé puis «soustrait frauduleusement», le 1er octobre à Calais, un... talkie-walkie perdu sur place par un CRS.


Extrait notif abrogation arrêté interdiction de séjour.jpg
(Coupe de l'extrait de la notif d'abrogation d'arrêté d'interdiction de séjour visible ici : https://twitter.com/TaranisNews/status/80574451035... )


http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/...

L’affaire du Talkie, jugée le 2 mars au tribunal de Strasbourg. (à mettre à jour) https://www.thechangebook.org/event/1153/audience-...

Gaspard Glanz fait appel le 28 octobre et attaque l’arrêté d’interdiction de séjour sur Calais le 25 novembre pour lequel il demande suspension et dommages et intérêts pour excès de pouvoir portant préjudice à son activité.
«L’arrêté préfectoral «d’interdiction de territoire du Pas-de-Calais jusqu’à la fin de l’État d’Urgence» (...) sera attaqué en «référé-suspension» au Tribunal Administratif de Strasbourg le 9 décembre.» par Gaspard Glanz.

Mais le 1er Décembre tombe la confirmation de son contrôle judiciaire jusqu’au 2 mars, et le 5, à quelque jour de l’examen de ce référé par le tribunal administratif de Strasbourg, lui est notifiée l’abrogation de l’arrêté portant sur son interdiction de séjour sur Calais. Il prend également connaissance dans le rendu de la cour d’appel de Douai, de son fichage sous S comme individu susceptible de se livrer à des actions violentes. De type «lancer de caméras» sans doute.
La justification de ce fichage semble assez difficile à restituer, mais on peut sans doute dire, à la lecture des passages encadrées, qu’il se base sur «des propos tenus», notamment sur le web :


5 Décembre Cy6UyGoXUAA8UFJ.jpg

«tenir des propos», un délit grave qu’il semble difficile, en 2016, de laisser impuni.
Toutefois, se taire reste, à long terme, la position la plus dangereuse, pour soi comme pour la collectivité.

Lire aussi :
- À propos du harcèlement qui le vise, lire Gaspard Glanz, le journaliste « à tuer direct » (L'Humanité du 28/03)
- Le déclenchement simultané de ces différentes procédures, comme la disproportion des moyens utilisés au regard des faits reprochés : tout laisse penser que les autorités cherchent à entraver le travail du journaliste et de son agence, qui ont la fâcheuse habitude de contredire les discours officiels vantant un emploi raisonné de la force publique.
D'autres éléments témoignent en effet de cette pression judiciaire et policière à l'encontre de Gaspard Glanz, Taranis news et son équipe.
Dont - mais pas seulement - la plainte pour insulte déposée par une équipe de la Bac au sujet d'une photo intitulée "Ein Volk, en Reich, ein Führer", audience prévue initialement le 16 Janvier 2017 au tribunal de grande instance de Rennes, reportée au mois d'Avril.

* En sa qualité de Reporter d’images, Gaspard Glanz a, depuis 2012, travaillé pour France Télévision, Rue 89, Reporterre, Le Monde et BFM TV, pour lesquels il a réalisé de nombreux reportages de documentaires sur les Zones à défendre de Notre Dame des Landes et de Sivens. Il a également réalisé le premier reportage de l’émission «le Point Quotidien» (POQ) diffusée sur France 4. Ses images sont régulièrement diffusées au J.T. de 20h sur France 2 et au «19/20» de France 3, ainsi que sur de nombreux sites internet. Depuis 2011 et la création de «Taranis», ce sont plusieurs centaines de reportages vidéo, photos, d’articles et d’interviews qui ont été réalisées sur des sujets d’actualité et publiés sur le site de la société Taranis News.
En tant que gérant de cette dernière, et relevant de ce fait du régime exclusif des travailleurs indépendants, il n’a pas droit à la carte de presse accréditant sa profession et susceptible de faciliter et de sécuriser son activité. Cela ne lui interdit cependant pas de l’exercer sur le terrain.