Amie en difficulté

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Bonsoir. L'as m'avait proposé de vous transmettre mes réponses par son intermédiaire si je le souhaitais. Mais mon souhait est d'affronter la réalité, aussi triste soit-elle. Si j'en arrive à accepter d'en passer par cette chaîne, c'est qu'évidemment j'ai fait le nécessaire, ou un maximum par ailleurs... Cette assistante sociale, je l'ai vue et elle m'a obtenu une aide pour payer 100€ d'arriérés d'assurance. Elle m'a également dirigé vers une "épicerie solidaire" dont le principe est de faire ses courses moins chères et d'utiliser ce qu'on a économisé pour, par exemple, éponger ses dettes. Elle m'a aussi permis d'obtenir une réduction sur les taxes d'habitation et télévisuelle (pour cette année je suis tranquille pour la télé puisqu'un orage a grillé celle-ci et que mon assurance ne prenait pas en compte la vétustéWink. Mais une assistante sociale, hélas, n'est pas un super-héros. Les aides diminuent pendant que le public qui les demande s'accroît. Je ne doute pas de sa volonté de bien faire. Bref. Pour l'ADMR, j'irai me renseigner au plus vite. Concernant la voiture, je l'utilise bien sûr pour le minimum, mais, outre le contrôle technique que je n'ai pas, l'essence est chère et les kilomètres, dans la région, sont vite faits... En attendant, chaque démarche met un temps fou (deux mois pour les 100€ d'aides par exemple).
Et en attendant, j'ai dix euros en poche, dont je devrai me servir mardi (je regroupe ce que j'ai à faire sur un seul jour pour justement éviter de rouler)pour acheter à manger. L'Epicerie solidaire reste payante, je vais devoir remettre de l'essence, etc.
En attendant, les agios continuent de courir...
En attendant, les organismes voyant que les prélèvements ne sont pas faits s'impatientent (edf m'a laissé un mois à la dernière facture, puis m'a envoyée un agent pour me couper l'électricité. Une chance, cet homme ne l'a pas fait et une amie m'a prêté la somme nécessaire pour les faire patienter).
En attendant, chaque jour est source d'angoisse, ne sachant pas comment je vais m'en sortir.

Si j'ai accepté la proposition de l'AS de pique, c'est que oui, je suis dans une situation catastrophique. J'ai peut-être été négligente ou maladroite, les administrations ne sont pas mon fort. J'ai fait des erreurs... C'est vrai. L'erreur de croire d'abord que je trouverai rapidement du travail, etc. Mais le prix qu'on me fait payer est bien au-delà de ce qu'il devrait être. Et il est d'autant plus cher que mon fils en paie les conséquences. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais à six ans, il va chez le voisin en lui demandant si celui-ci ne veut pas qu'il passe l'aspirateur chez lui, parce qu'il espère gagner trois euros... (J'ai mis le hola bien sûr).
Si j'ai accepté cette proposition, c'est parce que je me trouve dans une situation d'urgence absolue en attendant que les administrations veuillent bien se bouger.
Si j'ai accepté cette proposition, c'est pour ne pas avoir à aller faire "la manche" ou pire, pour subvenir aux besoins évidents d'une famille.
Bien sûr, ma situation me demande de réagir.
Et je le fais autant que je le peux.
Mais avec quoi?
Avec absolument rien que mes tripes qui elles aussi commencent à s'user.
Je m'excuse, vraiment, d'en avoir à arriver là.
Je ne suis pas fière.
Mais je sais que je ne suis pas non plus un monstre.
Je sais aussi que si le géniteur de mon enfant jouait son rôle de père nous n'en serions pas là.
Je sais que je ne suis pas non plus complètement responsable de cet état de faits.