Les malades du tourisme
Le hasard fait parfois bien les choses, tout à l'heure je laissais un commentaire circonspect sur le projet Center parcs et la logique qui le sous-tend et à l'instant je lis, dans le Dauphiné du jour (1) que Joël Giraud, président du Conseil national de la montagne, reproche à Luc Châtel d'avoir, quand il était ministre de l’Éducation, "cédé face au lobby de l’Éducation nationale"(2) et d'avoir déterminé le calendrier des vacances scolaires selon les recommandations de "la secte des chrono-biologistes" qui va "nous expliquer ce qui est bien pour les enfants."
Le même Joël Giraud poursuit en disant qu'il s'agit "d'un dogme à combattre", tout en reconnaissant qu'il est "[ b]ien sûr important de respecter le cycle de l'enfant mais [qu'il va] mettre en avant des arguments essentiellement économiques."
Voilà où on en est...
Ce monsieur demande que l'intérêt d'un groupe particulier(prestataires de tourisme dans les stations d'hiver et leurs employés)fasse loi pour la majorité (à minima l'académie Aix Marseille selon ses revendications) et dans le même temps il accuse l’Éducation nationale d'être un lobby...
Ce monsieur reconnait que face aux arguments scientifiques il n'a que des histoires d'argent à opposer et, pourtant, il accuse l’Éducation nationale d'être un lobby...
Sachant pertinemment qu'il n'a que le chantage à l'emploi(3) pour donner une apparence présentable au désastre financier(4) que sont la plupart des stations de ski, il crache sur ses "opposants" et prétend qu'il s'agit d'une "secte"...
Ce monsieur est l'exemple type du malade du tourisme.
Le genre d'humain qui ne réussit pas à concevoir une économie où les habitants ne doivent pas devenir les serviteurs d'autrui pour subvenir à leurs besoins, qui n'arrive pas à imaginer les conséquences, pourtant évidentes, de ces choix : le montagnard en se faisant laquais (guide-laquais, commerçant laquais, moniteur laquais, etc.) devient tributaire du bon vouloir de ses maitres. Ceux ci ne viennent pas? Le laquais aura faim. Ceux là ne veulent plus payer autant qu'avant? le laquais n'aura qu'à moins se nourrir. Etc.
Comme la logique qui pousse dans le tourisme est aussi celle qui institue la concurrence comme moteur de l'économie, de la science et de tout ce qui fonctionne, Joël Giraud ne remet pas en cause la mise en concurrence perpétuelle, il l'accepte sans voir que les maitres réclameront toujours plus et à moindre coûts, peu importe ce que faisait déjà le laquais, il ne voit pas qu'en acceptant et en accélérant la transformation des montagnes en parc à thème il réduit les montagnards à une vie de servilité, il ne voit pas qu'en mettant toujours les moyens sur le tourisme il augmente la dépendance de tous les montagnards aux saisons et que 15 jours sans neige seront plus graves encore si nous poursuivons dans cette voie.
(1) La classe cette source...
(2) Tout ce qui est en italique est citation de l'entretien accordé par Joël Giraud au Dauphiné libéré en date du 25/11/2014 édition Hautes Alpes et Alpes de Haute Provence
(3) "Le bien être de l'enfant, chez nous, il passe aussi par le fait d'avoir des parents avec un travail et pas mis au chômage 15 jours de plus par saison." Je vous laisse vous faire votre avis sur le "chez nous"...
(4) Amusez vous à chercher les investissements colossaux qui ont été fait dans les stations, toujours en tablant sur le record de fréquentation et en cherchant à attirer un chaland plus fortuné.
Le même Joël Giraud poursuit en disant qu'il s'agit "d'un dogme à combattre", tout en reconnaissant qu'il est "[ b]ien sûr important de respecter le cycle de l'enfant mais [qu'il va] mettre en avant des arguments essentiellement économiques."
Voilà où on en est...
Ce monsieur demande que l'intérêt d'un groupe particulier(prestataires de tourisme dans les stations d'hiver et leurs employés)fasse loi pour la majorité (à minima l'académie Aix Marseille selon ses revendications) et dans le même temps il accuse l’Éducation nationale d'être un lobby...
Ce monsieur reconnait que face aux arguments scientifiques il n'a que des histoires d'argent à opposer et, pourtant, il accuse l’Éducation nationale d'être un lobby...
Sachant pertinemment qu'il n'a que le chantage à l'emploi(3) pour donner une apparence présentable au désastre financier(4) que sont la plupart des stations de ski, il crache sur ses "opposants" et prétend qu'il s'agit d'une "secte"...
Ce monsieur est l'exemple type du malade du tourisme.
Le genre d'humain qui ne réussit pas à concevoir une économie où les habitants ne doivent pas devenir les serviteurs d'autrui pour subvenir à leurs besoins, qui n'arrive pas à imaginer les conséquences, pourtant évidentes, de ces choix : le montagnard en se faisant laquais (guide-laquais, commerçant laquais, moniteur laquais, etc.) devient tributaire du bon vouloir de ses maitres. Ceux ci ne viennent pas? Le laquais aura faim. Ceux là ne veulent plus payer autant qu'avant? le laquais n'aura qu'à moins se nourrir. Etc.
Comme la logique qui pousse dans le tourisme est aussi celle qui institue la concurrence comme moteur de l'économie, de la science et de tout ce qui fonctionne, Joël Giraud ne remet pas en cause la mise en concurrence perpétuelle, il l'accepte sans voir que les maitres réclameront toujours plus et à moindre coûts, peu importe ce que faisait déjà le laquais, il ne voit pas qu'en acceptant et en accélérant la transformation des montagnes en parc à thème il réduit les montagnards à une vie de servilité, il ne voit pas qu'en mettant toujours les moyens sur le tourisme il augmente la dépendance de tous les montagnards aux saisons et que 15 jours sans neige seront plus graves encore si nous poursuivons dans cette voie.
(1) La classe cette source...
(2) Tout ce qui est en italique est citation de l'entretien accordé par Joël Giraud au Dauphiné libéré en date du 25/11/2014 édition Hautes Alpes et Alpes de Haute Provence
(3) "Le bien être de l'enfant, chez nous, il passe aussi par le fait d'avoir des parents avec un travail et pas mis au chômage 15 jours de plus par saison." Je vous laisse vous faire votre avis sur le "chez nous"...
(4) Amusez vous à chercher les investissements colossaux qui ont été fait dans les stations, toujours en tablant sur le record de fréquentation et en cherchant à attirer un chaland plus fortuné.

