" Le décret de 1848 qui a proclamé l'abolition de l'esclavage, à déclarer que les "nègres" étaient affranchis. Ça veut dire quoi ? le statut d'affranchi est un statut particulier du code noir. L'affranchi n'est pas considéré comme un être humain. Le seul être humain dans le code noir c'était le blan...
" Le décret de 1848 qui a proclamé l'abolition de l'esclavage, à déclarer que les "nègres" étaient affranchis. Ça veut dire quoi ? le statut d'affranchi est un statut particulier du code noir. L'affranchi n'est pas considéré comme un être humain. Le seul être humain dans le code noir c'était le blanc. Vous aviez un noir qui était un meuble, et puis vous aviez l'affranchi qui était une espèce de bâtard entre les deux, mais qui de toutes façons qui n'était pas un être humain. Donc aujourd'hui avec le décret de 1848, juridiquement, dans le corpus juridique français, nous sommes des sous humains... Et c'est tellement vrai que nous sommes des sous humains, que lorsque le décret de 48 a été voté, non seulement il n'a jamais été pensé d'indemniser les noirs pour ce qu'ils avaient vécu, mais c'est les blancs qui ont été indemnisés. Pourquoi ils ont été indemnisés ? Parce que lorsque vous commettez un crime contre l'humanité, vous avez trois choses qui fait qu'une personne, en droit français est considéré comme un être humain. C'est le droit à son intégrité physique, le droit à son intégrité psychique ou moral et le droit au respect de sa dignité humaine. Lorsque vous me dites que vous me réparez pas de ce que vous m'avez fait, ça veut dire que vous ne respectez pas mon droit à la dignité humaine. Vous me considérez comme une chose. Puisque vous avez indemnisé mon propriétaire, c'est-à-dire les maîtres blancs créoles. Et moi, comme le cochon, la poule, la vache, je ne serai pas indemnisé. "
Alzheimer quand tu nous tiens Le Statut d'Affranchi et le Code Noir
Extraits du Code Noir (1685) :
Art. 57 . Déclarons les affranchissements, faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nos îles ; et les esclaves affranchis n’avoir besoin de nos lettres de naturalité, pour jouir de l’avantage...
Alzheimer quand tu nous tiens Le Statut d'Affranchi et le Code Noir
Extraits du Code Noir (1685) :
Art. 57 . Déclarons les affranchissements, faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nos îles ; et les esclaves affranchis n’avoir besoin de nos lettres de naturalité, pour jouir de l’avantage de nos sujets naturels de notre royaume, terres et pays de notre obéissance, encore qu’ils soient nés dans les pays étrangers.32
Art. 58. Commandons, aux affranchis, de porter un respect régulier à leurs anciens maîtres, à leurs veuves, et à leurs enfants, en sorte que l’injure, qu’il leur auront faite, soit punie plus grièvement, que si elle était faite à une autre personne : les déclarations, toutefois, francs, et quittes envers eux, de toutes autres charges, services, et droits utiles que leurs anciens maîtres voudraient prétendre, tant sur leurs personnes, que sur leurs biens, et successions, en qualité de patron.33
Art. 59. Octroyons, aux affranchis, les mêmes droits, privilèges, et immunités dont jouissent les personnes nées libres ; voulons que le mérite d’une liberté acquise produise, en eux, tant pour leur personne, que pour leurs biens, les mêmes effets que le bonheur de la liberté naturelle causé à nos autres sujets.
NOUS EXIGEONS L’ABOLITION IMMEDIATE DU
STATUT JURIDIQUE D’AFFRANCHI
Nos recherches nous ont permis de démontrer que si les Afro-descendants sont et demeurent dominés en MARTINIQUE par les Blancs Créoles, ce n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence d’un système institutionnel et juridique que nous qualifions de « créole », qui leur a été habilement imposé par l’Etat français, avec la complicité active des Blancs Créoles.
STATUT D’AFFRANCHI = ASSIMILATION JURIDIQUE = DEPARTEMENT D’OUTRE-MER = DEPARTEMENTALISATION
L’étude approfondie de notre statut juridique actuel nous a permis ainsi de constater qu’effectivement, nous sommes toujours régis par un des statuts du Code Noir, à savoir le statut juridique d’affranchi, qui est un des statuts du système d’exploitation esclavagiste, qui n’a jamais été aboli, mais qui nous fut généralisé en 1848 et énoncé depuis sous différents synonymes (« assimilation juridique », « département français d’outre-mer » ou encore « départementalisation », néologisme créé par A. CESAIRE après qu’il a jugé l’appellation « assimilation » trop humiliante).
En effet, sur le plan du droit donc, il est ainsi édicté et appliqué que nous, populations colonisées, n'avons hérité qu’insignifiance de nos ancêtres tout simplement parce que ces derniers n'ont rien inventé d’intéressant, que leurs mœurs, nos mœurs, nos coutumes, notre Histoire sont sous-humains et ne sont donc d'aucun intérêt pour que le droit qui nous régit puisse en naître. Que les institutions scolaires, universitaires, les politiques ou le jurislateur qui nous dirigent n’ont que faire de cette dimension de notre humanité, de notre intériorité, de notre dimension culturelle, de notre sagesse. Bref, qu'ontologiquement, nous n'avions pas la possibilité d'exister sur le plan du droit en tant que personnes humaines. Contrairement aux Blancs.
Et pourtant, la Règle de droit, n'est-elle pas d'abord l'expression juridique de l'existence d'une population humaine donnée ? En tous les cas, pas celle qui nous régit, puisqu'elle nous impose unilatéralement le statut d'affranchi, l'assimilation juridique, niant ainsi notre égale humanité avec les Blancs.
NOS ELUS DE LA FIN DU 19e SIECLE ET DU DEBUT DU 20e SIECLE LE SAVAIENT MAIS NOUS L’ONT CACHE
Et pour Cause ! Nos élus le savaient ! c’est pourquoi le Conseil Général de la Martinique a adressé le 24 novembre 1874 une requête à l’Etat français qui, s’il en était besoin, permet de bien illustrer cette vérité :
« Considérant que la qualité et les droits de citoyen français datent, pour les habitants des Antilles, de la fondation des colonies, que c’est le roi Louis xiii qui, dans son édit de 1642, concernant l’établissement de la Compagnie des îles d’Amérique, a voulu et ordonné : ‘‘Que les descendants des Français habitués aux dites îles, et même les sauvages convertis à la foi chrétienne, en faisant profession, soient censés et réputés naturels français, capables de toutes charges, honneurs, successions et donations, ainsi que les originaires et regnicoles, sans être tenus de prendre lettre de naturalité...’’
Que loin d’être abrogée à la reprise des colonies par le roi Louis xiv sur les seigneurs, cette disposition a été confirmée, octroyée aux affranchis par l’article 59 de l’Edit de 1685 […]
Considérant donc qu’en accordant les droits politiques aux populations coloniales en 1848 et en 1870, le gouvernement n’a fait que consacrer à nouveau des droits acquis antérieurement et remettre la pyramide sur sa base suivant une parole célèbre reproduite dans la pétition du Sénat de 1865.
[..]
Que cette revendication a été renouvelée en 1865 par une pétition au Sénat signée baron de Lareinty, au nom de 1.717 habitants de la Martinique, et en mars 1871, une commission de 45 membres de l’Assemblée Nationale […] :
‘‘Qu’il y aurait lieu de soustraire les colonies au régime exceptionnel et de les faire jouir des lois et de l’administration de la Mère-Patrie, en prenant pour devise de ce grand mouvement réparateur : assimilation politique des colonies à la Mère-Patrie.’’
Considérant que cette devise est devenue celle de tous les bons citoyens, aux yeux et dans les convictions desquels l’assimilation est le meilleur moyen d’assurer la paix et la concorde entre les anciennes classes divisées de la société coloniale ; de même que l’ordre, la conciliation et le progrès que le chef de la colonie nous déclarait hier être la voie dans laquelle entend marcher l’Administration, et la seule à laquelle s’attache la prospérité que nous désirons tous.
Émet le vœu : que les lois constitutionnelles attendues, particulièrement la loi électorale, comprennent les colonies comme terres françaises, parties intégrantes de la République, soumises à la même loi constitutionnelle, admise définitivement à la jouissance des lois et de l’Administration française».
Le 7 décembre 1882, ce même Conseil Général persiste : « Considérant que la Martinique qui est française depuis plus de deux siècles, qui jouit depuis 1870 des mêmes droits politiques que la métropole, se trouve dans les meilleures conditions possibles pour être assimilée complètement avec la mère-patrie.
Considérant qu’il importe de faire disparaître les différences humiliantes qui existent entre la colonie et un département français. […]Renouvelle en l’accentuant le vœu qu’il a émis le 24 novembre 1874 et demande que la Martinique soit constituée le plus tôt possible en département français ».
Or, bien que les élus locaux, comme il est ainsi démontré, avaient l’habitude de faire régulièrement référence au Code Noir et au statut d’affranchi comme étant l’ordre juridique qui nous régente effectivement et dont ils demandaient l’application pleine et entière ; bien qu’ils savaient et reconnaissaient parfaitement et sans aucune sorte d’ambiguïté que le statut d’affranchi est le même que celui de l’« assimilation » et de « département français » dans leur territoire, nous assisterons pourtant, à un moment donné, durant la première moitié du 20ème siècle, à une subtile disparition de la catégorie « affranchi » dans l’énoncé officiel tant de nos élus que de celui de l’Etat Français.
Pourquoi est intervenue une telle cachotterie des élus Martiniquais ? ont-ils voulu ainsi nous illusionner ? au profit de qui ? ou encore, est-ce parce qu’ils ont ressenti l’imposition d’un tel statut comme étant trop humiliante et ont souhaité dès lors nous épargner l’effet d’une telle prise de conscience ? En tout les cas, ils nous ont caché cette vérité !
L’ASSIMILATION JURIDIQUE EST INCONSTITUTIONNELLE
EN CONSEQUENCE
exigeons l’abolition du statut d’affranchi et
sa substitution par le statut de personne
juridique humaine.
Contrairement aux statuts juridiques d’« esclave » et de « meuble » qui, eux, ont été abolis en 1848.
Victor SABLÉ, La transformation des isles d’Amérique en départements français, pp. 89-92.
Victor SABLÉ, La transformation des isles d’Amérique en départements français,pp. 91-92.
"il est ainsi édicté et appliqué que nous, populations colonisées, n'avons hérité qu’insignifiance de nos ancêtres tout simplement parce que ces derniers n'ont rien inventé d’intéressant, que leurs mœurs, nos mœurs, nos coutumes, notre Histoire sont sous-humains et ne sont donc d'aucun intérêt pour ...
"il est ainsi édicté et appliqué que nous, populations colonisées, n'avons hérité qu’insignifiance de nos ancêtres tout simplement parce que ces derniers n'ont rien inventé d’intéressant, que leurs mœurs, nos mœurs, nos coutumes, notre Histoire sont sous-humains et ne sont donc d'aucun intérêt pour que le droit qui nous régit puisse en naître."
Vendredi j'ai feuilleté un vieux dico (j'ai pas trouvé la date d'édition, il est en sale état, seul indice pour l'instant une page où figure les principales données économiques en 1954) dedans il y a plusieurs tableaux synoptiques sur les grands sujets comme la littérature, la peinture, les inventions. Dans presque tous, hors de l'Occident, le temps s'arrête autour du XVIIéme siècle parfois bien avant...
En forçant un peu le trait, on pourrait dire qu'on a choisi un mythe(1) après avoir proclamé la république et que depuis on essaie d'y correspondre, et, quand ce n'est pas possible (souvent donc!) de dépeindre les faits pour qu'ils s’intègrent malgré tout à ce mythe.
En forçant un peu le trait, on pourrait dire qu'on a choisi un mythe(1) après avoir proclamé la république et que depuis on essaie d'y correspondre, et, quand ce n'est pas possible (souvent donc!) de dépeindre les faits pour qu'ils s’intègrent malgré tout à ce mythe.
(1) Une nation une et indivisible à partir d'un magma de cultures différentes séparées par d'innombrables "frontières" géographiques ; Une nation libératrice des autres nations sans avoir réellement libéré son propre peuple ; etc.
Sans avoir libéré son propre peuple... c'est clair !! Et je dirais même comme Maryse Duhamel : Les Blancs se sont eux-mêmes mis hors humanité !! Ils ont carrément fait l'inverse en fait... c'est bien triste tout ça !
Le Statut d'Affranchi et le Code Noir
Extraits du Code Noir (1685) :
Art. 57 . Déclarons les affranchissements, faits dans nos îles, leur tenir lieu de naissance dans nos îles ;
et les esclaves affranchis n’avoir besoin de nos lettres de naturalité, pour jouir de l’avantage...
En forçant un peu le trait, on pourrait dire qu'on a choisi un mythe(1) après avoir proclamé la république et que depuis on essaie d'y correspondre, et, quand ce n'est pas possible (souvent donc!) de dépeindre les faits pour qu'ils s’intègrent malgré tout à ce mythe.
(1) Une...