l'A.C.A.T. Dénonce les brutalités policières

(présentation de l'Acat - Action des Chrétiens pour l'abolition de la torture à venir, merci pour les participations)
Fil où collecter les actions de l'Acat au sujet des violences policières, et/ou d'éventuels avis, sons de cloches à son sujet ainsi qu'au sujet de ces actions.

En 2016, L'A.C.A.T. (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture), publiait un accablant Rapport sur les violences policières
Sommaire du Rapport A.C.A.T. 2016 sur les violences policières. L'Ong dresse aujourd'hui le bilan de l'année écoulée au regard de celui-ci dans un communiqué publié ce 15 mars sur son site.
En voici quelques extraits :
L’année passée est venue fortement questionner l’évolution de la doctrine française du maintien de l’ordre, ainsi que le cadre des contrôles d’identité. De nombreux témoignages font état de violences ou manquements à la déontologie, lors de manifestations, d’interpellations ou de contrôles d’identité. Pourtant, ceux-ci n’ont pas fait l’objet de la mise à plat majeure qui s’impose.

Malgré leur dangerosité connue, les armes intermédiaires telles que Flashball, LBD40 et grenades de désencerlement restent massivement utilisées. L’ACAT recense à ce jour plus de 50 victimes de ces armes. Les Flashball et LBD40 ont à eux seuls causé un décès et 43 blessés graves (dont 21 personnes énucléées ou ayant perdu la vue). Les grenades de désencerclement ont provoqué au moins 7 blessés graves. Ainsi, pour la seule année 2016, Romain Dussaux, qui participait à une manifestation, a été grièvement blessé à la tête et plongé dans le coma après avoir reçu une munition de grenade de désencerclement. Quelques mois plus tard, Laurent Théron perdait un œil à cause de cette même arme.

L’ACAT dénonçait également avec force le recours à des méthodes d’immobilisation susceptible d’entraîner une asphyxie, notamment le plaquage ventral et le pliage. Malgré les vives alertes lancées, ces techniques perdurent. L’année 2016 a ainsi été marquée par le décès d’Adama Traoré, asphyxié au cours de son interpellation, après qu’il a été immobilisé ventre au sol sous le poids de trois gendarmes.

L’ACAT recommandait en outre que l’usage des armes à feu soit davantage réglementé. Elle dénonçait en particulier les dispositions spécifiques applicables aux gendarmes et en demandait l’abrogation. L’ACAT déplore le fait que, par deux lois successives en juin 2016 et février 2017, le chemin exactement inverse ait été pris, en élargissant les possibilités d’ouvertures du feu pour les forces de l’ordre.

Lire l'intégralité du communiqué
(...)Si au cours de l’année écoulée, de nouvelles condamnations de policiers ont été prononcées, dont la récente condamnation de l’agent ayant tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos, l’ACAT note avec préoccupation que l’une des condamnations qu’elle avait recensée a été considérablement réduite en appel.

L’ACAT y réitère également ses principales recommandations :

Retrait total des lanceurs de balles de défense (Flashball et LBD40)
Interdiction formelle des techniques de pliage et de plaquage ventral
Publication annuelle de données chiffrées concernant l’usage de la force par les représentants de la loi et les sanctions à leur égard.
Création d’un organe d’enquête indépendant pour enquêter sur les faits concernant des agents de police et de gendarmerie.
Remise à plat de la doctrine du maintien de l’ordre

Et y dresse la liste des condamnations de policiers recensées au 15/03/2017 pour des faits survenus entre 2005 et 2015 :

Amine Bentounsi (28 ans) est tué d’une balle dans le dos en 2012 : Après avoir été acquitté en première instance, un policier a été condamné en appel à 5 ans de prison avec sursis et 5 ans d’interdiction de port d’arme.

Cinq étudiants sont blessés à la suite de coups reçus lors d’une interpellation en 2012 : un policier est reconnu coupable de violences volontaires et condamné à 12 mois de prison avec sursis.

Serge Partouche (48 ans) décède par asphyxie lors de son interpellation en 2011 : trois policiers ont été reconnus coupables d’homicide involontaire et condamnés à 6 mois de prison avec sursis.

Nassuir Oili (9 ans) est éborgné par un tir de Flashball en 2011 : un gendarme est condamné aux assises à deux ans de prison avec sursis pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou infirmité permanente.

Mostepha Ziani (43 ans), est décédé d’un tir de Flashball dans le thorax en 2010 : un policier a été condamné pour homicide involontaire à 6 mois de prison avec sursis.

Geoffrey Tidjani (16 ans) est gravement blessé au visage après un tir de LBD40 en 2010 : un policier a été reconnu coupable de violences volontaires aggravées et de faux et usage de faux. Il a été condamné à 12 mois de prison avec sursis, 24 mois d’interdiction de port d’arme et 12 mois d’interdiction d’exercer. Jugement en appel attendu le 28 mars 2017.

Mickaël Verrelle (30 ans) est devenu infirme après avoir été violemment matraqué en avril 2010 : un policier est condamné pour violences aggravées à 3 ans de prison avec sursis en appel. En première instance, le policier avait été condamné à 5 ans de prison, dont 3 ans ferme, ainsi qu’à l’interdiction d’exercer le métier de policier.

Joachim Gatti (34 ans) éborgné et cinq autres personnes blessées par des tirs de Flashball en 2009 : 3 policiers condamnés pour violences volontaires à des peines de 7 à 15 mois de prison avec sursis et 12 à 18 mois d’interdiction de port d’arme.

Abdelhakim Ajimi (22 ans) décède par asphyxie lors de son interpellation en 2008 : deux policiers ont été reconnus coupables d’homicide involontaire et condamnés à 18 et 24 mois de prison avec sursis. Un policier municipal a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger.

Sékou (14 ans) perd un œil à la suite d’un tir de Flashball en 2005 : un policier a été condamné à 6 mois de prison avec sursis.


Sommaire ( du Rapport A.C.A.T. 2016 sur les violences policières. - Cliquer sur le fichier pour le lire, cliquer à nouveau pour le fermer. (A lire! On y trouve notamment l'illustration de la pratique de pliage qui a tué Adama Traoré.)
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