Austérité. Dix milliards de solutions.



L’austérité est une série de mesures qui visent à diminuer les dépenses de l’État dans le but d’atteindre l’équilibre budgétaire. Si à première vue il parait prudent et sage d’équilibrer le budget de l’État, c’est toujours sur le dos des services publics et des gens les moins nantis de la société que cela est fait.

Depuis la fin des années 90, les différents gouvernements péquistes et libéraux ont lentement mais sûrement détruit nos services publics. Durant les dernières années, les compressions budgétaires se sont succédées à un rythme effrayant. Le gouvernement Couillard a bel et bien l’intention de continuer dans cette voie si on se fie à ses dernières déclarations.

Cependant, alors que nous avons toujours plus de difficultés à joindre les deux bouts, les banques, les multinationales, les grandes entreprises et l’industrie pétrolière continuent de réaliser des profits record. Contrairement à nous, elles ne font pas leur «juste part». Malgré cela, le gouvernement continue de réduire l’imposition des grandes entreprises.

Alors, qu’en 1990, une entreprise payait 25% d’impôts, elle en paie aujourd’hui seulement 11,9%. Le gouvernement Couillard veut encore baisser ce taux pour l’amener à 11,5%. Force est de constater que l’austérité n’est pas la même pour tout le monde et qu’elle contribue à creuser les inégalités entre les classes.

L'austérité est un choix idéologique qui désengage l’État des politiques publiques pour permettre une liberté économique totale aux grandes entreprises et aux banques.

L'austérité est un choix politique. Le sous-financement des services publics finira par les rendre désuets et ouvrira la porte à l'entreprise privée..

L'austérité, c'est leur permettre de réaliser des profits exorbitants pendant que le nombre d'enfants par classe au secondaire augmente. L'austérité, c'est demander aux gens qui éduquent nos enfants de travailler gratuitement 5 heures par semaine. L'austérité, c'est le gouvernement qui offre des quasi-baisses de salaire aux employé-e-s de l'État alors qu'il réfléchit à augmenter le salaire des députés de 88 000 $ à 136 000 $.

Mais l’État n’est pas à vendre. L’État n’appartient pas aux banques, aux entreprises, aux milliardaires ou à l’industrie du pétrole. L'État nous appartient et doit permettre à tout le monde de s’épanouir peu importe sa situation financière.





L’austérité n’est pas une fatalité. Le gouvernement nous répète sans cesse que le Québec n’a plus les moyens de financer correctement les services publics et que nous devrions faire notre juste part si on ne veut pas s’endetter indéfiniment.

Pourtant, derrière ce discours alarmiste, on remarque que le gouvernement s’est privé de sources de revenus importantes durant les dernières années. Tout cet argent aurait permis de compenser largement les coupures des deux dernières années.


Nous revendiquons cette année l'instauration de cinq mesures fiscales qui permettraient de financer facilement tous nos services publiques.

Il ne s’agit pas de solutions utopiques, dangereuses ou irréalisables.
Il s’agit de mesures qui ont déjà existé au Québec et qui existent dans plusieurs pays.

  • AUGMENTER LES PALIERS D'IMPOSITION
    En réduisant le nombre de paliers d'imposition, les gouvernements se sont privés de sommes impressionnantes, soit près d'un milliard de dollars par an.
  • AUGMENTER LES IMPÔTS DES ENTREPRISES
    Hausser le taux d’imposition à de 11,9% à 15 % pour les grandes entreprises rapporterait 1,22 milliard de dollars de plus par année au gouvernement québécois. Cette nous donnerait les moyens d’augmenter nos revenus sans affecter les services essentiels aux citoyennes et citoyens.
  • ABOLIR LE CRÉDIT D’IMPÔT SUR LE GAIN EN CAPITAL
    Alors que l'on paie de l'impôt sur l'entièreté de notre salaire, il existe de nombreux crédits d’impôts qui permettent aux particuliers et aux entreprises de rendre non-imposables la moitié des profits obtenus sur le capital. En abolissant ces crédits c'est près de 1,1 milliard de dollars par an que l'on pourrait aller chercher.
  • RÉTABLIR LA TAXE SUR LE CAPITAL
    Taxer à 1% le capital des entreprises et des institutions financières est une mesure qui les forcerait à contribuer équitablement au financement des services publics. Avec cette mesure l'État pourrait aller chercher 600 millions supplémentaires par année.
  • LUTTER CONTRE L’ÉVASION FISCALE
    L’évasion fiscale est une problématique sérieuse qui prive chaque année les gouvernements de revenus importants. Une réelle lutte à l’évasion fiscale permettrait au gouvernement de percevoir plus de 740 millions par an.




La grève est la dernière arme dont nous disposons lorsque le gouvernement refuse de nous entendre. Nous y avons recours lorsque tous les autres moyens d'action ont été épuisés.

Si le Québec a des programmes sociaux intéressants, c'est parce que des gens se sont battus pour ceux-ci, souvent en employant la grève comme moyen d'action. Il s'agit donc d'un moyen qui a fait ses preuves.

Depuis les années 80, les grandes centrales syndicales ont mises de l'avant la concertation avec le gouvernement comme moyen d'action politique. Force est de constater que cela n'a pas eu les effets escomptés. Face aux attaques sans précédents des dix dernières années, il nous faut réagir avec combativité. Seule une grève réunissant les employé-e-s du secteur public et les étudiantes et les étudiants a le pouvoir de changer les choses.

Faire la grève implique des sacrifices. Ne pas faire la grève en implique encore plus. Nous ne pouvons pas rester immobiles et espérer que les choses changent. Cette fois-ci, c'est à nous d'agir.

Les gens qui composent ce gouvernement font partie d’une élite qui ne sera nullement affectée par les mesures austères et qui, au contraire, pourra bénéficier de la privatisation de nos services publics. Leurs intérêts sont en opposition directe avec les nôtres.

La seule façon de se faire entendre est de ne pas leur laisser d’autres choix. Pour cela, il faut mettre un grain de sable dans l’engrenage. Cesser volontairement et collectivement nos activités quotidiennes : c'est de cette manière que nous réussiront à renverser l'austérité.

Solidarité, démocratie, combativité, il n'y a pas d'autres manières de gagner!




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Pièces jointes