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		<title>Derniers fils de discussion sur dans le forum du groupe: Roms.Bohémiens.Gitans.Tziganes.Guaranis.Manouches.Sarrazins.Sintis</title>
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		<description><![CDATA[Derniers fils de discussion sur: Roms.Boh&#233;miens.Gitans.Tziganes.Guaranis.Manouches.Sarrazins.Sintis]]></description>
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			<title><![CDATA[« Déchets parmi les déchets. Les Roms et " nous " » (Roswitha Scholz)]]></title>
			<link>https://clone.thechangebook.org/forum/thread/2987/«-déchets-parmi-les-déchets-les-roms-et-quot-nous-quot-»-roswitha-scholz/</link>
			<description><![CDATA[<div style="text-align:center;"><img src="http://nsa34.casimages.com/img/2014/03/30/140330062025781748.jpg" alt="" class="parsed_image" /></div><br /><b><br />D&#233;chets parmi les d&#233;chets :<br /><div style="text-align:center;">Les Roms et &#171; nous &#187;</b><br />Roswitha Scholz - (2008)</div><br /><br />En Italie, on assiste ces derniers temps &#224; une recrudescence des pogroms anti-Roms. Depuis l&#8217;entr&#233;e de la Roumanie dans l&#8217;UE d&#233;but 2007, fuyant des discriminations qui s&#8217;accentuent et une mis&#232;re extr&#234;me qui les frappe tout particuli&#232;rement, un nombre croissant de Roms ont trouv&#233; refuge dans la p&#233;ninsule, o&#249; ils vivent &#224; la p&#233;riph&#233;rie des grandes villes dans des conditions l&#224; encore d&#233;plorables. La r&#233;action de la populace locale est en parfaite harmonie avec celle du gouvernement italien de droite, qui fait appel pour enrayer la &#171; <i>peste tzigane</i> &#187; &#224; des rem&#232;des d&#8217;un autre &#226;ge : des mesures sp&#233;ciales auxquelles seul le groupe des Sintis et des Roms est assujetti.<br /><br />S&#8217;il est ind&#233;niable que, de toute l&#8217;Europe occidentale, c&#8217;est actuellement en Italie que la r&#233;cente fi&#232;vre anti-Roms montre son plus hideux visage, on aurait toutefois tort de croire que cette forme de racisme se circonscrit &#224; ce seul pays. En Allemagne &#233;galement, agressions du m&#234;me type et propagande anti-Roms dans les m&#233;dias affichent depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990 une nette progression, cependant que l&#8217;extermination massive des Sintis et des Roms perp&#233;tr&#233;e sous le national-socialisme a tendance &#224; se voir relativis&#233;e. Songeons seulement, &#224; titre d&#8217;exemple frappant, aux &#233;meutes racistes de Rostock en 1992 et &#224; leurs incidences au niveau de l&#8217;Etat. Comme nous savons d&#8217;exp&#233;rience que, m&#234;me &#224; gauche, le souvenir de ces &#233;v&#233;nements a tendance &#224; s&#8217;effacer, voici pour m&#233;moire : &#171; <i>Le 24 septembre 1992, un mois apr&#232;s le pogrom de Rostock dirig&#233; essentiellement contre les r&#233;fugi&#233;s roms venus d&#8217;Europe de l&#8217;Est, les gouvernements allemand et roumain sign&#232;rent un accord par lequel la Roumanie s&#8217;engageait &#224; accueillir en retour les demandeurs d&#8217;asile d&#233;bout&#233;s, notamment ceux et celles qui n&#8217;avaient pu pr&#233;senter de papiers d&#8217;identit&#233; en r&#232;gle</i> &#187;. Cette forme de discrimination a d&#233;j&#224; une longue histoire, mais une histoire malheureusement trop m&#233;connue. En Italie, par exemple, le ph&#233;nom&#232;ne de l&#8217;antitziganisme n&#8217;est pratiquement pas &#233;tudi&#233;. M&#234;me chose en Allemagne o&#249;, malgr&#233; l&#8217;abondance des travaux historiques sur le national-socialisme, on a commenc&#233; tardivement &#224; s&#8217;int&#233;resser &#224; cette question, et o&#249; ce n&#8217;est que tout r&#233;cemment que certains r&#233;sultats ont pu &#234;tre &#233;tablis. <br /><br /><ul>[&#42;]<b> Modernit&#233; et antitziganisme </b></ul><br />Les &#171; Tziganes &#187; font leur apparition en Europe centrale au d&#233;but du XVe si&#232;cle. D&#232;s la fin de ce m&#234;me si&#232;cle, ils sont d&#233;clar&#233;s hors-la-loi. C&#8217;&#233;tait la premi&#232;re fois mais cela devait se r&#233;p&#233;ter souvent au cours de la crise du f&#233;odalisme et &#224; la faveur des transformations marquant l&#8217;aube de l&#8217;&#232;re moderne : &#171; <i>Le st&#233;r&#233;otype du Tzigane re&#231;oit sa nuance propre du fait que sa formation co&#239;ncide avec l&#8217;av&#232;nement en Europe centrale de rapports territoriaux-&#233;tatiques et d&#8217;une mentalit&#233; &#233;conomique de type capitaliste. Les &#233;l&#233;ments non s&#233;dentaires de la population passent alors pour politiquement incontr&#244;lables et &#233;conomiquement improductifs. C&#8217;est pourquoi ils sont en butte &#224; l&#8217;oppression et aux pers&#233;cutions du souverain [...]. En m&#234;me temps, le poids id&#233;ologique de la notion moderne de travail, avec sa nette opposition entre travail et oisivet&#233;, leur conf&#232;re un dynamisme extraordinaire</i> &#187;.<br /><br />Jusqu&#8217;au si&#232;cle des Lumi&#232;res, l&#8217;image des Tziganes suivit grosso modo l&#8217;&#233;volution de celle des mendiants, vagabonds et autres &#171; brutes &#187; itin&#233;rantes. Puis, le XVIIIe si&#232;cle vit le st&#233;r&#233;otype du Tzigane prendre une coloration franchement raciste. Comme chacun sait, &#224; cette &#233;poque s&#8217;installa l&#8217;id&#233;e selon laquelle seule la &#171; race blanche &#187; &#233;tait apte &#224; la civilisation. Les &#171; Tziganes &#187; furent rel&#233;gu&#233;s au rang de &#171; race primitive &#187; et Kant d&#233;clara que la &#171; couleur indienne &#187; de leur peau indiquait &#224; elle seule qu&#8217;ils n&#8217;avaient aucune disposition pour le travail. Par la suite, discriminations sociale et raciale allaient s&#8217;entrelacer intimement dans le st&#233;r&#233;otype du Tzigane, un st&#233;r&#233;otype qui cependant contenait en m&#234;me temps depuis toujours un certain nombre d&#8217;&#233;l&#233;ments nettement romantiques. Les &#171; Tsiganes &#187; personnifiaient de fa&#231;on diffuse la libert&#233; sans entrave. La musique et la danse (cf. Carmen) n&#8217;&#233;taient pas les moindres sources alimentant cette dimension romantique. Quant aux connotations sexuelles v&#233;hicul&#233;es par <b>l&#8217;antitziganisme</b>, elles proviennent de ce que &#171; la Tzigane &#187; fut construite comme l&#8217;antith&#232;se de la vertueuse m&#233;nag&#232;re, &#233;pouse et m&#232;re, destin&#233;e elle-m&#234;me &#224; offrir un compl&#233;ment, dans le domaine de la reproduction, &#224; l&#8217;id&#233;al du salari&#233; disciplin&#233;. La &#171; Tzigane &#187; fut donc fantasm&#233;e avant tout comme une ensorceleuse dot&#233;e d&#8217;un fort attrait sexuel.<br /><br /><ul>[&#42;]<b>Mesures anti-Roms en Allemagne</b></ul><br />Au XIXe si&#232;cle, quiconque disait &#171; Tziganes &#187; entendait &#171; personnes de moindres droits &#187; auxquelles, comme le faisait valoir le &#171; surintendant du prince de Reuss-Plauen &#187; Richard Liebich, il &#233;tait loisible d&#8217;appliquer un traitement de groupe : &#171; <i>Si, dans tous les autres cas, le juge est tenu d&#8217;individualiser, c&#8217;est-&#224;-dire de commencer par explorer la sp&#233;cificit&#233; du sujet dont il s&#8217;occupe et par apprendre &#224; le conna&#238;tre, pour apr&#232;s seulement d&#233;cider de la proc&#233;dure &#224; suivre, en revanche l&#8217;enqu&#234;teur initi&#233; et suffisamment au fait de la nature des Tziganes pourra sans risque g&#233;n&#233;raliser lorsqu&#8217;il aura affaire &#224; eux et ne commettra aucune faute &#224; les mesurer tous &#224; la m&#234;me aune [...] car un Tzigane authentique et v&#233;ritable est le type de tous les autres</i> &#187;.<br /><br />D&#232;s le milieu du XIXe si&#232;cle, on constitua syst&#233;matiquement des dossiers sur les &#171; Tziganes &#187;. A partir du d&#233;but du XXe si&#232;cle, on s&#8217;effor&#231;a d&#8217;enregistrer tous les Sintis et les Roms, en les photographiant et en prenant leurs empreintes digitales. En 1926, la loi bavaroise de &#171; <i>lutte contre les Tziganes, les trimardeurs et les rebelles au travail</i> &#187; entra en vigueur, d&#8217;apr&#232;s laquelle tout Sinti ou Rom n&#8217;ayant aucun emploi r&#233;gulier &#233;tait envoy&#233; passer deux ans entre les murs d&#8217;une &#171; Arbeitanstalt &#187;, c&#8217;est-&#224;-dire une workhouse. Vint le national-socialisme ; sur fond de pr&#233;jug&#233;s racistes, on partit du principe que les &#171; Tziganes &#187; n&#8217;&#233;taient de toute fa&#231;on plus &#171; de race pure &#187;, &#224; en croire le c&#233;l&#232;bre &#171; tziganologue &#187; nazi Robert Ritter. Quant aux personnes issues de mariages entre Tziganes et Allemands &#171; de souche &#187;, on les tenait pour des &#171; demi-Tziganes &#187; et g&#233;n&#233;ralement pour des asociaux. En vertu d&#8217;une loi de 1933, on st&#233;rilisa de force les Sintis et les Roms, d&#233;clar&#233;s &#171; handicap&#233;s sociaux &#187;. De plus, on &#233;tendit &#224; ces groupes de population les lois raciales de Nuremberg qui ne visaient au d&#233;part que les Juifs. En 1935 on passa &#224; l&#8217;internement des Sintis et des Roms dans des &#171; camps tziganes &#187;.<br /><br />Himmler mit en &#339;uvre en 1938 la &#171; <i>solution d&#233;finitive &#224; la question tzigane</i>&#187;, une solution d&#233;clar&#233;e &#171; <i>conforme &#224; la nature de leur race</i> &#187;. Au reste, il suffisait d&#233;sormais d&#8217;avoir un seul arri&#232;re-grand-parent &#171; tzigane &#187; pour &#234;tre qualifi&#233; de &#171; demi-Tzigane &#187;. Le meurtre syst&#233;matique des Sintis et des Roms d&#233;marra dans la foul&#233;e de l&#8217;agression de la Pologne en 1939. En d&#233;cembre 1941, on d&#233;cr&#233;ta que les Tziganes devaient subir le m&#234;me traitement que les Juifs. La d&#233;cision finale &#233;tait laiss&#233;e aux commandants locaux de la police et des services secrets &#8211; ce qui se traduisit par le massacre imm&#233;diat d&#8217;un grand nombre de Sintis et de Roms. En juillet 1944 eut lieu le dernier gazage &#224; Auschwitz o&#249;, depuis le d&#233;but de 1943, des masses de gens de toutes nationalit&#233;s avaient &#233;t&#233; d&#233;port&#233;es.<br /><br />Dans la p&#233;riode d&#8217;apr&#232;s-guerre, Sintis et Roms furent la plupart du temps h&#233;berg&#233;s dans des logements de fortune d&#233;labr&#233;s &#224; la p&#233;riph&#233;rie des villes. On attacha aux diff&#233;rents services de l&#8217;administration de soi-disant experts des questions tziganes et on exploita l&#8217;abondant mat&#233;riel d&#8217;archives de l&#8217;&#232;re nazie : le fichage sp&#233;cifique des Sintis et des Roms se poursuivit. Plusieurs villes &#233;tablirent des plans strat&#233;giques visant &#224; emp&#234;cher compl&#232;tement le s&#233;jour des &#171; Tziganes &#187; sur leur territoire.<br /><br />Aux &#171; tziganologues &#187; tels que Robert Ritter personne ne vint demander des comptes, ou bien on se h&#226;ta de les disculper et ils purent continuer leurs travaux tout &#224; loisir. Les fonctionnaires charg&#233;s d&#8217;instruire les demandes de r&#233;paration des Sintis et des Roms n&#8217;&#233;taient autres que les ex-employ&#233;s des offices sanitaires du Reich. Il fallut attendre 1963 pour voir annul&#233; un arr&#234;t de la cour de justice f&#233;d&#233;rale datant de 1956, selon lequel Sintis et Roms ne faisaient l&#8217;objet de pers&#233;cutions racistes que depuis 1943 au lieu de 1938 (en fait, l&#8217;arr&#234;t ne prenait en compte que les poursuites express&#233;ment racistes et non celles invoquant l&#8217;&#171; asocialit&#233; &#187<img src="https://www.thechangebook.org/file/pic/emoticon/default/wink.png" alt="Wink" title="Wink" title="v_middle" />. Dans les ann&#233;es 1980, tandis que d&#8217;un c&#244;t&#233;, il faut bien le dire, on s&#8217;arrangeait pour ne pas redonner la citoyennet&#233; allemande &#224; bon nombre de Sintis et de Roms, de l&#8217;autre on publiait de nouvelles directives et on accordait quelques maigres indemnit&#233;s. Et encore, ces indemnisations ne furent obtenues qu&#8217;&#224; force de manifestations de protestation des Sintis et des Roms, manifestations qui leur permirent du m&#234;me coup d&#8217;&#234;tre reconnus en tant que minorit&#233; ethnique en Allemagne.<br /><br /><ul>[&#42;]<b> Antis&#233;mitisme, antitziganisme et autres racismes</b></ul><br />A l&#8217;&#232;re moderne, les &#171; Tziganes &#187; incarnent la libert&#233; sans attache et le refus du travail. Mais alors comment les distinguer de l&#8217;objet de haine des antis&#233;mites, qui repr&#233;sente &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose ? Sous le capitalisme, les Juifs sont principalement associ&#233;s &#224; la puissance, &#224; la domination et &#224; la civilisation destructrice ; les Tziganes, &#224; l&#8217;inverse, sont vus comme des sous-hommes rest&#233;s &#224; l&#8217;&#233;tat de nature, d&#232;s lors qu&#8217;ils nous rappellent qu&#8217;il y a une vie au-del&#224; de cette maudite soci&#233;t&#233; du travail : &#171;<i> Il s&#8217;agit cependant du m&#234;me m&#233;canisme qui, d&#8217;un c&#244;t&#233;, par la discrimination et l&#8217;agression physique envers les &#8220;non-identiques&#8221;, est suppos&#233; permettre une d&#233;charge psychique, et de l&#8217;autre projette vers l&#8217;ext&#233;rieur certains d&#233;sirs refoul&#233;s. On pourrait qualifier ce m&#233;canisme d&#8217;utopie en n&#233;gatif &#8211; en n&#233;gatif parce qu&#8217;en l&#8217;occurrence, c&#8217;est une haine de soi qui s&#8217;y fait jour sous forme de haine des &#8220;autres&#8221; [...]. Ce qu&#8217;on ne peut avoir soi-m&#234;me, personne d&#8217;autre ne le poss&#232;dera. L&#8217;&#8220;id&#233;e du bonheur&#8221; doit &#234;tre bannie</i> &#187;.<br /><br />D&#8217;o&#249; il ressort clairement que l&#8217;antitziganisme, &#224; la diff&#233;rence de l&#8217;antis&#233;mitisme, est un &#171; racisme romantique &#187; (Wulf D. Hund). On pourrait m&#234;me faire l&#8217;hypoth&#232;se que &#171; le Tzigane &#187; concordait bien mieux que &#171; le Juif &#187; aux repr&#233;sentations (refoul&#233;es) du bonheur qui &#233;taient celles des masses, &#224; tout le moins pendant le fordisme. Car m&#234;me si le reproche d&#8217;&#234;tre des &#171; <i>parasites r&#233;tifs au travail</i> &#187; constitue un d&#233;nominateur commun, nombre des &#233;l&#233;ments associ&#233;s au st&#233;r&#233;otype du Tzigane &#8211; la chanson populaire sentimentale, la f&#234;te foraine, le cirque, la facult&#233; de pouvoir tout simplement se lever et s&#8217;en aller &#8211; se rapprochaient certainement davantage du bonheur tel que le percevaient les &#171; gens simples &#187; durant la phase fordiste, que le st&#233;r&#233;otype attach&#233; &#224; des Juifs fantasm&#233;s comme riches, puissants et de surcro&#238;t repr&#233;sentants d&#8217;une culture bourgeoise &#233;trang&#232;re. Par ailleurs, contrairement aux Am&#233;rindiens, Polyn&#233;siens et autres &#171; sauvages &#187; assimil&#233;s comme lui &#224; la nature, le &#171; Tzigane &#187; fait depuis longtemps partie int&#233;grante de la culture et de la soci&#233;t&#233; o&#249; nous vivons. De ce fait, et &#224; d&#233;faut de parvenir &#8211; comme avec les &#171; Noirs &#187; &#8211; &#224; en faire un esclave, on le pers&#233;cute ; ce qui est li&#233; &#224; la perp&#233;tuelle angoisse de glisser soi-m&#234;me dans cette &#171; asocialit&#233; &#187; dont le &#171; Tzigane &#187; constitue un rappel constant.<br /><br /><ul>[&#42;]<b>Homo sacer et les Tziganes</b></ul><br />S&#8217;appuyant (de mani&#232;re critique) sur Carl Schmitt, Hannah Arendt et Michel Foucault, le livre de Giorgio Agamben Homo sacer. Le pouvoir souverain et la vie nue d&#233;veloppe des consid&#233;rations qui peuvent &#233;clairer davantage la d&#233;finition de l&#8217;antitziganisme. Il y est question du rapport entre la r&#232;gle et l&#8217;exception : &#171; <i>Ce n&#8217;est pas l&#8217;exception qui se soustrait &#224; la r&#232;gle, mais la r&#232;gle qui, en se suspendant, donne lieu &#224; l&#8217;exception. La &#8220;vigueur&#8221; particuli&#232;re de la loi consiste pr&#233;cis&#233;ment en cette capacit&#233; de se maintenir en relation avec une ext&#233;riorit&#233;</i> &#187;. L&#8217;individu est ici rabaiss&#233; au rang de simple enveloppe corporelle, &#224; la &#171; vie nue &#187;, tandis que c&#8217;est le souverain qui d&#233;cr&#232;te l&#8217;&#233;tat d&#8217;exception. Agamben accorde un r&#244;le crucial au concept d&#8217;&#171; homo sacer &#187; issu du droit romain, dont il fait le titre de son livre. Est sacer le proscrit qui tombe hors du syst&#232;me juridique (mais, par l&#224; m&#234;me, y est enferm&#233<img src="https://www.thechangebook.org/file/pic/emoticon/default/wink.png" alt="Wink" title="Wink" title="v_middle" /> et que l&#8217;on peut mettre &#224; mort en toute impunit&#233;.<br /><br />Une logique du m&#234;me ordre &#233;tait &#224; l&#8217;&#339;uvre &#224; l&#8217;&#232;re moderne dans les structures de pers&#233;cution et d&#8217;internement qui culmin&#232;rent sous le national-socialisme. En m&#234;me temps, Agamben voit resurgir aujourd&#8217;hui l&#8217;&#233;tat d&#8217;exception &#224; la faveur d&#8217;une d&#233;g&#233;n&#233;rescence de nos soci&#233;t&#233;s en crise. Cela se pr&#233;sente notamment sous la forme d&#8217;une d&#233;composition des organisations &#233;tatiques de l&#8217;ex-bloc de l&#8217;Est, qui d&#233;bouche sur la cr&#233;ation de nouveaux camps et sur des &#171; violences ill&#233;gitimes &#187; (tels que les viols de masse, par exemple) &#8211; des ph&#233;nom&#232;nes qui, selon Agamben, constituent pr&#233;cis&#233;ment l&#8217;un des pr&#233;requis originels du droit : un avertissement &#224; valeur universelle. Bref, &#224; ses yeux nous sommes tous des homines sacri en puissance. <br /><br />Avec sa th&#232;se, Agamben demeure de fa&#231;on r&#233;ductrice sur le plan de la th&#233;orie du droit. Toutefois, le projet de rendre la totalit&#233; sociale conforme &#224; la justice r&#233;clame n&#233;cessairement de penser le rapport entre forme juridique et exclusion sans pour autant laisser de c&#244;t&#233; la r&#233;flexion sur &#171; <i>la constitution de la politique et de l&#8217;&#233;conomie, du travail abstrait et de la machine &#233;tatique</i> &#187; &#224; l&#8217;&#232;re moderne. L&#8217;&#171; <i>espace social de l&#8217;exclusion enfermante, de la r&#233;duction &#224; la &#8220;vie nue&#8221;</i> &#187;, portait encore &#224; l&#8217;aube de la modernit&#233; le nom de &#171; maison &#187; : &#171; <i>Asile de pauvres, workhouse, maison de correction, asile de fous, foyer des esclaves, etc., sont les &#8220;maisons de l&#8217;horreur&#8221; o&#249;, pour montrer l&#8217;exemple au reste de la soci&#233;t&#233;, on pratiquait le travail abstrait ali&#233;n&#233; &#8211; un processus qui, plus tard, dans les goulags des dictatures n&#233;es de la modernisation et des crises, s&#8217;intensifia encore. Ce qui &#233;tait &#224; l&#8217;origine un &#233;tat d&#8217;exception est devenu dans la soci&#233;t&#233; moderne la situation normale, sur laquelle repose tout l&#8217;&#233;difice de l&#8217;Etat de droit</i> &#187;.<br /><br />La crise mondiale actuelle, celle de la troisi&#232;me r&#233;volution industrielle, se distingue des crises pr&#233;c&#233;dentes en ce que m&#234;me la souverainet&#233; &#224; pr&#233;sent &#171; <i>commence &#224; se d&#233;liter, car l&#8217;espace de l&#8217;exclusion enfermante lui-m&#234;me se dissout [...]. La souverainet&#233;, lorsqu&#8217;elle existe encore, r&#233;agit &#224; cela en prenant automatiquement ses mesures de crise habituelles, bien que ce soit en pure perte</i> &#187;. <b>Travail forc&#233;, bas salaires, camps, administration des hommes, etc., autant de mesures r&#233;activ&#233;es aujourd&#8217;hui &#224; l&#8217;endroit des superflus d&#8217;une soci&#233;t&#233; du travail dont l&#8217;effondrement prend des proportions in&#233;dites. Ici, nonobstant la diversit&#233; des mesures et id&#233;ologies excluantes, la menace qui s&#8217;exprime est universelle. Et aujourd&#8217;hui comme hier &#171; l&#8217;exclusion enfermante &#187; se traduit par &#171; <i>des formes paroxystiques de racisme et d&#8217;antis&#233;mitisme</i> &#187;</b>. <br /><br />Dans cette analyse, il manque toutefois le syndrome sp&#233;cifiquement anti-Roms. Car les &#171; Tziganes &#187; ne furent pas seulement, au m&#234;me titre que les Juifs, m&#233;pris&#233;s en tant que membres d&#8217;une soi-disant autre race ; durant des si&#232;cles, ils furent &#233;galement des proscrits, des hors-la-loi au sens d&#8217;Agamben. L&#8217;&#232;re moderne a inflig&#233; aux Sintis et aux Roms un v&#233;ritable &#233;tat d&#8217;exception permanent, parce que leur constitution subjective est con&#231;ue comme l&#8217;antith&#232;se absolue, au sein m&#234;me de notre soci&#233;t&#233;, du processus de dressage moderne et de l&#8217;&#171; &#233;thique protestante &#187;. Ainsi, bien que les Tziganes soient des homines sacri par excellence, comme le d&#233;montre l&#8217;histoire de leur pers&#233;cution, on a cependant tendance &#224; les oublier y compris dans les expos&#233;s critiques sur le racisme ; et cet oubli m&#234;me r&#233;v&#232;le que le &#171; Tzigane &#187; repr&#233;sente en quelque sorte l&#8217;homo sacer de l&#8217;homo sacer.<br /><br />On peut dire que l&#8217;antitziganisme continue de faire figure de paria parmi les types de racisme ; quant au &#171; Tzigane &#187;, dans la construction de l&#8217;&#171; asocialit&#233; &#187; et des &#171; races &#187; il repr&#233;sente &#171; la lie de l&#8217;humanit&#233; &#187; (comme le clamait d&#233;j&#224; au XVIIIe si&#232;cle l&#8217;&#171; expert tziganiste &#187; des Lumi&#232;res Heinrich Moritz Gottlieb Grellmann), autant dire un &#171; d&#233;chet &#187;, superflu m&#234;me parmi les superflus. Par cons&#233;quent, il constitue pour les individus &#171; normaux &#187; le repoussoir id&#233;al ; il leur montre comme ils finiront si d&#8217;aventure, au lieu de rentrer dans le rang et d&#8217;ob&#233;ir au doigt et &#224; l&#8217;&#339;il, il leur prenait l&#8217;id&#233;e de se comporter &#171; comme des manouches &#187;. On comprend donc pourquoi le discours postmoderne sur le m&#233;tissage s&#8217;int&#233;resse si peu aux Sintis et aux Roms. M&#234;me dans la vie courante, celui qui ose &#171; avouer &#187; son appartenance &#224; ces groupes doit affronter un raz de mar&#233;e de clich&#233;s. Ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; valable pour les Juifs, le &#171; <i>ne dis &#224; personne que tu es juif</i> &#187;, s&#8217;applique a fortiori dans le cas d&#8217;une origine &#171; tzigane &#187;. Lors d&#8217;un sondage r&#233;alis&#233; en 1994, 68% des Allemands interrog&#233;s d&#233;clar&#232;rent ne pas vouloir de &#171; Tziganes &#187; pour voisins, tandis que 22% et 37% refusaient respectivement les Juifs et les Africains.<br /><br /><ul>[&#42;]<b> Antitziganisme structurel</b></ul><br />Dans le processus de crise actuel, le syndrome anti-Roms est de retour. Derri&#232;re les guerres civiles et la &#171; <i>guerre pour l&#8217;ordre mondial</i> &#187; (Robert Kurz), il y a notamment des Sintis et des Roms broy&#233;s dans des conflits ethniques, comme l&#8217;explique dans son livre l&#8217;un de leurs repr&#233;sentants : &#171; <i>Ayant &#233;t&#233; chass&#233;s de l&#8217;endroit o&#249; ils vivaient, de nombreux membres de notre minorit&#233; se voient contraints de s&#8217;entasser dans des ghettos o&#249; les conditions de vie sont inhumaines. L&#224;, ils sont livr&#233;s sans d&#233;fense aux agressions &#224; caract&#232;re raciste, lesquelles peuvent aller jusqu&#8217;au pogrom. Il n&#8217;est pas rare que la discrimination frappant les Sintis et les Roms provienne des pouvoirs publics eux-m&#234;mes : police, justice</i> &#187;. A partir de 1989, la situation des Roms s&#8217;est rapidement d&#233;t&#233;rior&#233;e, en particulier dans l&#8217;ex-bloc de l&#8217;Est, et les pers&#233;cutions ont entra&#238;n&#233; en r&#233;ponse des mouvements migratoires. Mais les m&#233;dias en parlent peu, pr&#233;f&#233;rant s&#8217;attarder sur les demandes d&#8217;asile infond&#233;es, les enfants pickpockets, les mendiants, la question de l&#8217;hygi&#232;ne et ainsi de suite. Une fois de plus, tout le stock de clich&#233;s habituels y passe.<br /><br />Mais en m&#234;me temps, ce dont il est question ici, c&#8217;est de l&#8217;&#233;largissement des processus sociaux que sont l&#8217;administration de crise et l&#8217;invention de la d&#233;linquance. Tout un chacun, y compris et m&#234;me tout sp&#233;cialement au sein des fameuses classes moyennes, vit aujourd&#8217;hui d&#8217;une certaine fa&#231;on sous la menace de la d&#233;ch&#233;ance. L&#8217;administration de crise est l&#8217;occasion d&#8217;une v&#233;ritable g&#233;n&#233;ralisation du st&#233;r&#233;otype du Tzigane, laquelle ne se limite pas &#224; une d&#233;nonciation des fraudeurs aux allocations et &#224; une surveillance tous azimuts (officiellement pour nous prot&#233;ger des terroristes) allant jusqu&#8217;&#224; la mise en &#339;uvre des papiers d&#8217;identit&#233; biom&#233;triques et des empreintes digitales num&#233;ris&#233;es. <b>A l&#8217;heure actuelle, chacun ou presque a peur de se retrouver mendiant ou vagabond dans un quartier de mis&#232;re.</b> On assiste &#224; une &#171; tziganisation forc&#233;e &#187; (Diedrich Diederichsen), mais avec en prime l&#8217;obligation de travailler. Ayant besoin d&#8217;appuis et d&#8217;argent pour survivre, les r&#233;fugi&#233;s des r&#233;centes migrations de masse se trouvent par d&#233;finition d&#8217;ores et d&#233;j&#224; dans la position classique des Tziganes. La politique anti-Roms pr&#233;figurait m&#234;me le probl&#232;me des &#171; sans-papiers &#187; : &#171; <i>La m&#233;thode consistant &#224; enfermer les Roms dans la situation ill&#233;gale des sans-papiers para&#238;t &#234;tre un des traits structurels essentiels de l&#8217;antitziganisme</i> &#187;.<br /><br />Les mesures prises par l&#8217;administration de crise, qui rel&#232;vent typiquement de l&#8217;antitziganisme mais visent tout le monde, se combinent ici &#224; une id&#233;ologie de masse anti-Roms. Plus les classes moyennes voient s&#8217;approcher la menace de d&#233;ch&#233;ance, plus elles reconnaissent leur propre visage dans le prototype du superflu et du proscrit des soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes, c&#8217;est-&#224;-dire le &#171; Tzigane &#187;. <b>Tout comme on peut parler d&#8217;un antis&#233;mitisme structurel, qui se manifeste notamment par la critique des march&#233;s financiers et le fantasme d&#8217;une conspiration mondiale o&#249; il n&#8217;est m&#234;me pas question des Juifs, il y aurait lieu &#233;galement d&#8217;&#233;voquer un antitziganisme structurel lorsqu&#8217;&#224; travers la peur de notre propre chute, de notre d&#233;classement, de notre glissement dans l&#8217;asocialit&#233; et la criminalit&#233;, c&#8217;est implicitement le st&#233;r&#233;otype du Tzigane qui est &#224; l&#8217;&#339;uvre, quand bien m&#234;me les &#171; Tziganes &#187; ne sont pas mentionn&#233;s.</b> D&#232;s qu&#8217;il s&#8217;agit de passer de la discrimination sociale &#224; l&#8217;exclusion raciste, le st&#233;r&#233;otype du Tzigane se r&#233;v&#232;le tout &#224; fait idoine.<br /><br /><b>Parler d&#8217;antitziganisme structurel, &#231;a n&#8217;est pas minimiser l&#8217;antis&#233;mitisme.</b> Dans leur sp&#233;cificit&#233; respective, les deux formes de projection id&#233;ologique renvoient plut&#244;t l&#8217;une &#224; l&#8217;autre, bien qu&#8217;il s&#8217;av&#232;re plus difficile de mettre en &#233;vidence le caract&#232;re structurel du syndrome anti-Roms, du fait m&#234;me que la question est rarement trait&#233;e ou seulement de fa&#231;on superficielle. Pour qu&#8217;elle fasse l&#8217;objet d&#8217;un traitement s&#233;rieux, il faudrait que le sujet moderne reconnaisse enfin dans le miroir sa propre angoisse d&#8217;homo sacer. Aussi se h&#226;te-t-il de regarder ailleurs. Au reste, on lui a toujours appris que le &#171; Tzigane &#187; est le &#171; dernier des derniers &#187;, et c&#8217;est en toute ing&#233;nuit&#233; qu&#8217;il d&#233;verse ce &#171; savoir &#187; &#224; longueur d&#8217;enqu&#234;tes. En somme, s&#8217;il est vrai que le &#171; Tzigane &#187; s&#8217;exprime en chacun de nous ; chacun n&#8217;en est pas pour autant un &#171; Tzigane &#187; et n&#8217;est pas, comme lui, f&#233;rocement pers&#233;cut&#233;.<br /><br /><ul>[&#42;]<b> La gauche et l&#8217;antitziganisme </b></ul><br />C&#8217;est &#224; travers les r&#233;actions aux krachs massifs du capitalisme en crise que l&#8217;on discerne les caract&#233;ristiques structurelles communes au vif antitziganisme qui s&#233;vit dans diff&#233;rents pays occidentaux. A la menace de d&#233;ch&#233;ance que connaissent les classes moyennes, est venue s&#8217;ajouter entretemps une inflation galopante qui fait s&#8217;envoler les prix des denr&#233;es alimentaires et de l&#8217;&#233;nergie. En outre, et tout cela est li&#233;, on voit se diffuser les id&#233;ologies racistes aussi bien dans les couches &#171; sup&#233;rieures &#187; qu&#8217;&#171; inf&#233;rieures &#187;. Ce qui se passe actuellement en Italie l&#8217;illustre parfaitement.<br /><br />Pour d&#233;signer cette barbarisation des classes moyennes en d&#233;clin, le sp&#233;cialiste italien de la culture Claudio Magris a propos&#233; le terme de &#171; lumpenbourgeoisie &#187;, et ce avant m&#234;me la flamb&#233;e d&#8217;attaques contre les Roms. Les recommandations de l&#8217;UE visant &#224; mettre un terme &#224; cette &#171; politique tzigane &#187; resteront probablement lettre morte, puisqu&#8217;en derni&#232;re instance ce sont les Etats membres qui sont comp&#233;tents ; or, presque tous doivent affronter le &#171; cr&#233;puscule des classes moyennes &#187;, et l&#8217;on sait qu&#8217;une alliance entre &#171; masses et &#233;lite &#187; (Hannah Arendt) n&#8217;est absolument pas exclue. Sur la question de savoir jusqu&#8217;o&#249; la gauche serait pr&#234;te &#224; aller en mati&#232;re de critique du syndrome anti-Roms, il vaut mieux &#233;galement renoncer &#224; toute illusion. Qu&#8217;on songe simplement aux tirades d&#8217;Oskar Lafontaine &#224; propos des travailleurs &#233;trangers : &#224; tout moment elles peuvent se charger d&#8217;antitziganisme. <b>Toute la presse nous r&#233;p&#232;te &#224; l&#8217;envi que l&#8217;actuelle id&#233;ologie anti-Roms en Italie se rencontre tout sp&#233;cialement dans les quartiers fortement &#171; ancr&#233;s &#224; gauche &#187;. Cela a beaucoup &#224; voir avec le traditionnel centrage de la gauche sur le brave et honn&#234;te salari&#233;, avec ses pr&#233;jug&#233;s contre un soi-disant lumpenprol&#233;tariat consid&#233;r&#233; comme la lie de la soci&#233;t&#233;, et donc a fortiori contre des &#171; Tziganes &#187; que l&#8217;id&#233;ologie raciste place encore plus bas que les lumpenprol&#233;taires &#171; autochtones &#187;.</b> Cette tradition demeure bien vivante dans le contexte actuel de fragilisation des classes moyennes, et s&#251;rement pas uniquement en Allemagne et en Italie.<br /><br />Wolfgang Wippermann observe que sa &#171; <i>corporation, celle des professeurs d&#8217;universit&#233; et des historiens, ne s&#8217;est jamais pr&#233;occup&#233;e des Sintis et des Roms : le sujet lui paraissait et lui para&#238;t toujours vulgaire. L&#8217;intelligentsia de la critique elle aussi a &#233;chou&#233; en &#233;vitant pendant trop longtemps de se colleter avec cet aspect de l&#8217;histoire allemande. On peut en dire autant des formations de gauche : le sort des Sintis et des Roms ne semble gu&#232;re &#233;veiller leur int&#233;r&#234;t</i> &#187;. Il est grand temps que cela change. La fa&#231;on dont, &#224; gauche, on g&#232;re le &#171; probl&#232;me des Roms &#187; pourrait constituer une sorte de test r&#233;v&#233;lateur du caract&#232;re (non) &#233;mancipateur des orientations du mouvement. En Italie, la &#171; multitude &#187; v&#233;n&#233;r&#233;e par les post-op&#233;ra&#239;stes vient de montrer une fois de plus de quoi elle est capable. En Allemagne nous devrions pourtant nous m&#233;fier tout particuli&#232;rement de ceux, g&#233;n&#233;ralement &#224; gauche, qui en appellent au &#171; peuple bien-aim&#233; &#187;. Et nous souvenir aussi que, dans l&#8217;histoire, les flamb&#233;es d&#8217;antitziganisme ont toujours provoqu&#233; une recrudescence de l&#8217;antis&#233;mitisme, et vice versa. <br /><br /><br /><br />&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;&#42;<br />- Roswitha Scholz<br />Paru dans la revue <i>Phase</i> 2, n&#176;29, septembre 2008]]></description>
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			<pubDate>Sun, 30 Mar 2014 16:31:21 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Makh</dc:creator>
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