La théorie des changements, ou quand la psychologie sociale vient à la rescousse des militants (partie 2)

La théorie des changements, ou quand la psychologie sociale vient à la resc...

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LETTRE 2驠: LES FREINS DE L'ACTION


INTRODUCTION



  • la crise cologique est exigeante car elle nous demande d'oprer des changements individuels et sociaux profonds.



  • G驩nralement, pour inciter ces changements, on essaie d'informer, sensibiliser, duquer, former inqui驩ter, culpabiliser, mais si la conscience cologique commence se g頩nraliser, les comportements ne suivent pas, car de nombreux freins existent.



I. S'INFORMER POUR COMPRENDRE




  • La prise de conscience 頩coligique tend se gn੩raliser, mais concrtement, pour la majorit des gens, 詠 part le tri des dchets, ils n'y connaissent pas grand chose.




a) informations et messages paradoxaux


On peut d頩nombrer 4 niveaux de discours diffrents en cologie, et qui se contredisent l'un l'autre驠:


1) Information sur l'Щtat environnemental de la plante: g蠩nralement assur par les associations environnementales, les scientifiques et les m驩dias.


2) RЩponse des gouvernements: rarement la hauteur des enjeux car nos modes de vie ne sont pas remis en cause collectivement.


3) Discours ambiantР: ˠle dveloppement de nos socit驩s est bas sur la consommation de masse頻, en contradiction avec les enjeux environnementaux.


4) Discours des entreprises sincШrement engages dans une dmarche environnementale驠: offre de produits plus cologiques, mais qui reste tout de mme englu骩 dans le discours sur la consommation de masse.


-> tous ces niveaux de discours mnent un langage paradoxal, cr蠩ant une grande confusion.


--> les gens ne savent plus se situer, essaie de dterminer quel est le message ou l'autorit la plus l驩gitime en la matire, et ne la trouvant pas, se conforme aux messages les plus conformes sa conscience, elle-m蠪me tributaire de nombreux paramtres (sociaux, culturels, habitudes, peurs, etc).


--> dans ce cas, le taux d'蠫ob)issance; devient quasi nul.


Pourtant l'information est essentielle, car c'est la premire tape qui permet de prendre conscience des enjeux. Mais elle n'aide pas 詠 passer l'action.


b) Insuffisances de l'information en termes de contenu


Pourquoi, alors que nous sommes surinforms, n'agissons-nous pas plus en faveur de l'੩cologie?


10 pour beaucoup, l'information reste abstraite, lointaine et globale: les cons)quences de nos actes restent imperceptibles au quotidien, surtout quand on vit en ville (50% de la population).


2 l'info est anxiogШne, et gnre 3 attitudes possibles騠: fuir (se replier sur soi, dans sa sphre familiale); attaquer de fa蠧on agressive (ˠsi l'humanit doit mourir, que ca soit en 4x4頻); faire le mort.


30 l'info est trop axe sur le contre alors que la pub joue la carte du plaisir.


Elle est surtout scientifique et politique, ce qui est insuffisant pour que les individus puissent rver et construire un nouveau projet social, de nouveaux rep骨res en adquation avec les enjeux.


Nous avons besoin d'une communication qui rveille notre curiosit驩, qui nous aide accepter ce que nous allons perdre en changeant de comportement, nous incite rࠩflchir, nuancer, relativiser et 頠 construire ensemble une solution rjouissante.



II. NOS REPR頉SENTATIONS SOCIALES


) La relation la nature: autant de reprࠩsentations que d'Hommes?


El)ments de dfinition:


Selon la sociologie, la repr頩sentation sociale dsigne toutes les ides, pens驩es, croyances, connaissances, concepts, images et systmes collectifs de signification, qui sont socialement labor詩s et partags par les membres d'un mme groupe social ou culturel. C'est un m骩canisme par lequel chacun va s'approprier et interprter le rel. La repr驩sentation sociale permet ainsi de comprendre et de matriser cognitivement notre environnement social, matriel et idel, et d'y orienter notre conduite. Elle influence donc nos actions quotidiennes, ainsi que notre rapport au monde. Elle est influence par des l驩ments tant collectifs qu'individuels: )ducation, environnement idologique et culturel, condition sociale, degr de connaissance scientifique, conditions historiques, 驩conomiques, croyances et valeurs, etc



  • les reprsentations sociales sont une forme de conditionnement., cd un m頩canisme d'apprentissage qui permet l'individu de s'adapter son environnement.



  • C'est une technique permettant ࠠ un stimulus d'induire une rponse qu'il n'induit pas naturellement. On agit toujours parce qu'initialement il y a un stimulus.




b) Repr頩sentation sociale de l'environnement: une compr)hension indispensable



  • pour chaque individu, l'environnement est une construction subjective, faite de reprsentations, de valeurs, d'attitudes et de comportements qui varient considrablement.



  • On peut distinguer plusieurs cat驩gories:




      • * ceux qui voient l'environnement comme quelque chose de fragile, protger


        * ceux qui le voient comme quelque chose de fort et r੩sistant: comme une entit) toute puissante ou comme un partenaire avec lequel ils entretiennent une relation de rciprocit


        * ceux qui le voient comme un pouvoyeur 驠 leur service, exploiter.







  • Les reprࠩsentations individuelles et sociales constituent l'lment cl驩 de l'articulation homme/environnement.



  • Les notions de culture et de reprsentation sociale sont trs proches, car la culture influence et d騩termine les reprsentations sociales. Il est donc indispensable d'aborder la culture dans l'ducation 驠 l'environnement.



c) De la prise de conscience l'action



  • il existe un lien troit entre les repr੩sentations sociales en gnral, les repr驩sentations de l'environnement en particulier, et l'action ou l'inaction pour l'environnement.



  • On distingue la conscience environnementale de la sensibilit environnementale.



  • Conscience environnementale est la base des attitudes, perceptions, opinions 頠 l'gard de l'environnement. Elle est un apprentissage de la proccupation pour l'environnement. Elle se fait sous l'influence de la culture et de la soci驩t, donc par des facteurs externes l'individu. C'est elle qui est 頩value et mise en vidence par les sondages d'opinion.



  • Sensibilit驩 environnementale influence les comportements. Elle se fait sous l'influence des valeurs et idologies que la personne a acquises durablement au cours du processus de socialisation. Elle est donc issue de facteurs internes, qui agissent comme des filtres, permettant l'individu de se positionner par rapport 頠 sa prise de conscience environnementale et d'agir ou pas.



  • Les reprsentations sont organises en syst驨mes complexes qui fait aussi intervenir les motions. Il n'y a donc pas d'influence directe et automatique sur les pratiques, mais bien une complexit syst驩mique. Meme si elles peuvent influencer les changements de pratiques, cela se fait toujours sur une longue priode de temps.



III. LES FREINS POUR CHANGER NOS REPRSENTATIONS SOCIALES


a) D鉩squilibre et stress



  • Mme lorsque l'individu est plein de bonnes intentions pour changer ses comportements, en pratique le changement est plus complexe, car il r骩clame ncessairement un effort par rapport un 頩quilibre habituel mis en place au fil du temps.



  • Ex: 86% assimilent le fait d'utiliser les transports en commun une restriction de leur libert, et 89% une r頩duction de leur mobilit.


    --> les difficults et cons驩quences dues un type de comportement sont compenss par les ੩motions et sensations positives qu'ils gnrent. A contrario, si les contraintes sont mal v騩cues et dpassent un certain seuil, il pourra tre d骩finitivement cart du champ des possibles, de par la saturation qu'il a engendr驩.



  • Ex: nos modes de vie ne cessent d'accroitre notre d)pendance la voiture --> le choix d'un mode de transport devient quasi indpendant de la sensibilit੩ environnementale des individus.



  • Modifier un comportement demande donc un gros effort mental pour se rorganiser, s'habituer et intgrer ce nouveau mode afin d'y trouver un confort et un 驩quilibre quivalent. C'est une source de tension et donc de stress. Mettre en place une alternative exige donc de prendre en compte la totalit des contraintes.



b) Contradiction et dissonance




  • les individus, un moment, se retrouvent coincs entre ੫j'ai conscience qu'il faut agir , ۫mais je n'agis pas pour autant . cela cr۩e plus ou moins consciemment une contradiction forte, souce de tension intrieure, de stress et de culpabilit diffuse = dissonnance cognitive.


    C驠d l'individu est en prsence de cognitions (connaissances, opinions ou croyances) incompatibles entre elles. Il ressent alors un tat de tension psychologique d驩sagrable motivant la rduction de cette dissonnance.




c) Dissonnance, justifications et frein au changement




  • la dissonnance devenant psychologiquement inconfortable, poussera la personne essayer de la rduire: * soit par un changement de comportement



  • * soit par un changement d'attitude (modification du discours, justification, risquant au contraire de p頩renniser l'ancien comportement)





  • Or, changer son comportement est plus contraignant que changer son discours. --> plutot que d'assumer leurs responsabilit)s, les individus risquent de se justifier en temprant les consquences de leur comportement ou en mettant en avant des pratiques plus n驩fastes. (ˠpourquoi je dois changer puisque les industriels ne font rien;) --> toute affirmation venant contrer ces justifications sera voue l'頩chec puisqu'elles sont indispensables au maintien de l'quilibre.



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