Café du Commerce. Par Niko Carim B-naïsh

Café du Commerce. Par Niko Carim B-naïsh Caf du Commerce


ll m'est ncessaire de vous avertir d'une chose驠: je ne suis pas comme vous.
Je ne suis pas simplement diffrent, je n'ai aucun de vos tenants ni aucun de vos aboutissants. Je ne vous caresserai donc pas dans le sens du poil. Cependant, si je me permet de vous parler de la sorte, c'est parce que je vous connais plus que bien. Vos amours lches ou superbes, vos ambitions refoul颩es ou assouvies, votre ternelle mdiocrit驩 ou ce talent que certains ont de vivre sans entraves, tout a je le perois. Je sais, entre autres, que pour survivre aux d秩sordres de l'enfance, vous restez persuads le plus longtemps possible que vous tes uniques, que Votre histoire est unique. Certains vivent m骪me plus d'un quart de sicle avec la certitude de jouir de 諠super-pouvoirs;. Pour beaucoup, cette publicit que vous vous fates de votre 鮪tre propre vous permet de vous supporter jusqu' une mort naturelle.

La Belle Mort …

Je ne suis pas comme vous. Pourtant j'ai vcu ici et subi ce monde chaque jour ੠ votre instar. J'ai mang, dormi, j'ai bu et j'ai bais ici. J'ai arpent驩 vos rues, j'ai respir vos gaz, j'ai senti votre peur.
N'y voyez pas de mpris, il ne s'agit que d'un point de vue. Quelque part je ne suis qu'une b驪te qui erre quatre pattes entre les vtres. C'est sans doute pour ധa que vous me semblez grands et qu'une partie de mon tre doit mme vous envier.
Tenez, je partage mꪪme certaines de vos habitudes. C'est ainsi que chaque jour, je viens poser mes fesses au Caf du Commerce. C'est un lieu sans prtention o驹 les mes ne montrent que leurs faades. C'est dans le choix des masques que se r⧩vlent les visages et a me plait.
Je m'觩gare, ce doit tre la faim. Laissez moi plutt vous raconter quelques histoires, comme le journal de bord d'un immobile. Comme une trace 괠 laisser au cas o ...





"Je t'aime dans la limite des stocks disponibles"

Tout de conformisme vtu, Pascal portait son costume cheap comme un mal n骩cessaire sa russite. Un ridicule pouvant en cacher un autre; la pointe de sa cravate parsem੩e de golfeurs miniatures tombait jusque devant son pnis. Il se dbattait douloureusement dans son 驩poque tel un oiseau mazout, vaticinant tour tour sur la crise grecque et les bienfaits d'une immigration contr頴le. Bref, l'trave de sa connerie filait bon vent sur la mer morte des lieux communs. Son acharnement 驠 combler son vide par du creux avait fait de lui le meilleur vendeur de tlphonie mobile du Quartier St Georges. Pourtant, il ne lui 驩tait rien arriv de grandiose depuis l'obtention de son BTS action co. et son accident de ski au SuperLioran en 98.

On est souvent amen 驠 prendre en piti ces parangons de middle-class, plus qu' les ha頯r franchement. Leur opinitret ⩠ s'accrocher une socit੩ qui les a fabriqus jetables les rend aussi touchants qu'un sac plastique malmen par le ressac.

D'ailleurs, lorsqu'une amourette se dessina entre Pascal et son homologue f驩minin, j'en fus plutt mu. Jess, une coiffeuse carri䩩riste. Je sais, a sonne trs mal. Dans leur cas, le Rimel gras de l'une et les Ray-Bans de l'autre, nous interdiront de parler de miroir de l'稢me. Leurs regards avaient bien d se croiser, mais c'est le rejet de toute forme d'originalit et leur amour des vitres teint멩es qui les avait unis un jour au caf, entre midi et deux, entre la trentaine et nulle part. A leur grand dam, les habitus m驢les guettant la croupe de Jess depuis son embauche Hair'libre, ceux-l allaient devoir ravaler leur rut et continuer ࠠ imbiber leur spongieux gouffre affectif de babys glace. D'autant que les deux insparables prenaient un malin plaisir 頩clabousser leur complicit de circonstance tout-va. Cette idylle de quinze jours consista en un medley de d頮nette et d'action-ou-vrit avec pour prosc驩nium le bout du comptoir. Hypercorrection et maniaquerie respectives ayant empch leurs corps d'exulter dans la baise, il n'y eu pas de rꩩconciliation possible sur l'oreiller et la premire friction cltura cette relation path贩tique. Suite ces jours brefs et pas intenses du tout, je m'amusais imaginer ces deux connards lambdas rentrer chez eux, et se masturber en chialant devant un micro-ondable.

Dans d'autres circonstances, n'importe qui de sensࠩ me taxerait d'aigreur, ou me traiterait avec le mpris qu'on accorde aux fcheux qui passent leur ennui 颠 mdire. Mais je suis plutt fier de m'emmerder. J'aime ce philosophe qui disait que le besoin de nouveaut鴩 est le fait de gorilles fourvoys.
Il n'y a qu' voir comment King Kong a fini ses jours ...


"L'humain est le seul v頩ritable animal domestique"

Depuis quelques annes, j'habite l-haut, au 7頨me tage de cet immeuble qui fait l'angle. Outre le fait que c'est une cour des Miracles, il y a un balcon d'o on peut voir la transhumance de l'homo sapiens. Tous les matins vers 11 heures, je quitte cette vigie de l'universel vers un point de vue plus singulier, histoire d'鹩viter de devenir plus mgalo que je ne le suis. Une fois au caf, je ne bois que de l'eau. J'accepte parfois la bi驨re qu'on m'offre, pour faire plaisir aux poivrots. Un rien me saoule et il parat que je suis drle quand j'ai bu.

"Sex, drugs and demi-molle"

18h, c'est l'heure des hipsters comme je les appelle gentiment. Ces petits imposteurs avec leurs faux airs de dandys kitsch, imbus de l'avant-garde qu'ils esprent incarner : lunettes larges montures, robes Vichy et autres dchets vintage d'un n੩o-ralisme sens les d驩douaner de toute forme de classe. Le pognon de mre-grand a permis leur parents de rester hippies jusqu'蠠 les pondre, et ces petits trou-du-culs finissent de tout claquer en hsitant entre une carrire de graphiste et une exp騩rience de rockstar. Du rock lctro-garage bien s驻r, que la Morale leur interdit d'couter autrement que sur une platine vinyl. Mon dieu ce que j'aimerais leur dire qu'ils sont racs et pr驩tentieux, avec leur manire elliptique de se sentir dtenteurs du bon go詻t d'autrefois, d'aujourd'hui et d'aprs. C'est ce cynisme puril qui amenait cette bande de jeunes au "Commerce", leurs petits coudes osseux attir詩s heures fixes par le formica du comptoir. Le plus agaant chez cette engeance de couillons rockabillys, c'est qu'ils parlent, consomment, ৩coutent, vivent au second degr. Ce dandysme galvaud et ce pr驩cieux second degr ne sont qu'un passe-droit vers une vie commettre peinards les pires abjections artistiques, humaines et sociales dans la moiteur suave de leurs ap頩ro-tapas. Leurs discussions se rsument un concours de celui qui aimera l'artiste le plus d頩test des 80's, qui connatra l'inconnu le plus c鮩lbre de l'histoire de l'architecture...
C'est peut-tre bien que notre 誩poque permettent aux boutonneux et aux petits boudins binoclards de devenir ce genre de peigne-culs. De toutes faons ils sont trop radins et accros aux antidpresseurs pour sombrer dans la coca穯ne et dprir; et quelques chose d'inconscient leur rappelle de ne jamais faire de vague de peur de se retrouver accroch驩s au porte-manteaux comme au collge.

Cons bouffer du foin, cons 蠠 boire de la Suze. Cons. Des fois j'ai des images violentes qui me viennent et je me vois leur croquer la tte comme des ortolans.

Un jour, l'un d'eux m'a sorti : "Kasper, viens voir lꠠ !" en claquant des doigts. Il portait un casque norme et voulait me faire couter sa musique de mes deux.
S'il n'y avait aucune chance de me retrouver dans le couloir de la Mort, je lui aurait fait un sort carnassier.


"Anywhere out of the world"

Ok, ce n'est pas du Chateaubriand. Pour 驪tre honnte, je ne sais plus de qui c'est. Ce que je sais, c'est que ce jeune homme dlicat assis ꩠ table, entretient une trange ressemblance capillaire avec Arthur Rimbaud. Je suis prt 骠 parier une entrecte Rossini que le carnet devant lequel il scotche est loin de contenir les Chants de Maldoror. Au mieux il doit archiver la logorrhe mi䩨vre de sa rvolte en chambre survole par d'incertains corbeaux griffonn驩s a et l. En tout cas, force est de constater que 砧a lui permet de tirer sa crampe plusieurs fois dans l'anne de jouer les potes maudits au bistrot ...

Je sais, vous allez penser que rien ni personne ne trouve gr騢ce mes yeux, que je suis btement p઩remptoire. Vous parlerez mme de manque de confiance en moi ou de surcompensation du doute. En vritꩩ ce n'est pas le cas. J'aime les mots et je m'clate beaucoup plus dans l'offensive que dans l'indulgence, c'est tout.
J'aime observer et laisser couler mon fiel sur le carrelage. Ca me purge. Je ne peux rien pour ces braves gens. Ils se maintiennent en vie en se persuadant que le ridicule ne tue pas, en s'imaginant qu'ils ne perdent que des batailles et jamais vraiment la guerre. Ils composent le casting de mon petit cinma 驠 moi. Ce qui me dsole un peu, c'est que leurs changes d'humains se r驩duisent un commerce clandestin de codes et de signes prm੢chs.

Tenez, cette grande conne l qui parle fort en buvant son kir royal, et bien elle ne peut pas faire une phrase sans dire "mon copain", 頠 toutes les sauces. En toutes circonstances, son pauvre mec est un lment du tableau, qu'il le veuille ou non. Et bien tout ce que fait cette grue, c'est de jouir bassement du signal qu'elle envoie 驠 ses congnres : "TU ne me baiseras pas !" Qu'est-ce qu'on ferait pas pour se regonfler l'騩go quand on a une vie de merde ...
J'ai essay de m'y frotter un soir o elle 鹩tait bien cuite, j'ai senti comme un consentement tacite dans sa gne. Elle est bcasse, mais elle a ce petit truc sexy des femmes qui assument leur goꩻt pour la fesse et les saillies brutales.

Je m'emporte. Ca doit tre la saison des chaleurs...

En tout cas c'est ce que dit ce mec, l骠, au bout de ma laisse. Ca, et qu'il ne me manque que la parole.



ˠUne vie de chien !;

Ce n'est pas parce que je vis au ras du trottoir que je ne vois pas ce monde en trois dimensions.

Tout en haut, il y a les lites qui survolent les villes en jet priv, se paient des croupes de luxe et des bourrins de race pour chevaucher sur les plaines de l'infamie du grand Capital.

Et puis juste en dessous, il y a leurs sentinelles, avec une conscience 驠 dix vitesses, qui dgoisent au Fouquet's sur on ne sait trop quel rchauffement national de l'identit驩 plantaire index sur le prix du plutonium.

Encore plus bas, les classes moyennes sup' vivent de plain-pied dans le formol de leur villas rose saumon, avec la peur au ventre de descendre d'un cran, direction la France d'en-bas.
Cette France rase-motte qui elle, ne vit pas vraiment. Elle loue, emprunte, rembourse, d驩mnage. Elle n'est plus corvable, on la dit flexible et invisible.

Et puis toujours plus bas, il y a la France d'en-dessous, la France du caniveau, celle qui boit de la 8/6 chaude et ne se montre qu'en hiver pour crever sur les trottoirs.

Et enfin, en de驧 des rues, sous les pavs, sous la plage, il y a les ੩gouts de la Nation, la Sous-France : la Taule.

Deux ans de chenil, je sais de quoi je cause.

Dame Prison, Sainte-Marie-la-Schyzo qui ne sait plus si elle doit punir ou protger, duquer ou ali驩ner, laisser vivre ou laisser pourrir. C'est une vieille crooneuse hasbeen qui aboie son inutilit une soci頩t trop ivre d'elle mme pour entendre. M骪me pour la voyoucratie qui en a fait une tape ncessaire 驠 l'levage de ses poulains, un sjour au placard est toujours un trou. Un vide sid驩rant o la saloperie et la solidarit sont les seules potions contre l'absurde. L'Inepte d'un monde qui punit lorsqu'il ne comprend pas, l'absurde qui fait de ces ge驴les le lieu o s'arrte le droit, l'absurde d'un Etat qui, il y a peu, prenait encore la vie aux meurtriers sans savoir la rendre aux saints.

La Justice a cru s'骩lever en cessant de chatier le corps (et encore ...) pour chatier l'me. Elle n'a fait que piper sa balance, par facilit. Et la prison est rest⩩e le Moristan, le tout--l'gout des consciences laborieuses et l'espace de sacrifice humain que se permet un ੩tat dmocratique et laque. Puisqu'apr鯨s l'crou la socit驩 ne pardonne que rarement, puisque quel que soit le crime et la peine, rien n'est rpar.

Ca fait une demi-heure que je le guette, je sais pourquoi cet homme est ici. Le Caf驩 du Commerce n'est pas snob. On y a mme le droit de fumer. C'est un bon sas de dcompression pour qui sort du Trou. Ce type se demande ici comment nommer le crime de cette majoritꩩ d'imbciles lgitimes. Socialos, droitards, communistes, journaleux, prolos, 驩ducateurs et autres penseurs poils long et chemise blanche dont la seule proccupation est l'age de leur retraite. Tous ces pions dont on m੩nage le bien-tre en enfermant quiconque pourrait l'branler. Tous votant et payant leurs impꩴts sans jamais remettre en question l'immondice qu'ils composent.

Il sourit en se disant que leur pire chtiment serait de se voir privs de t⩩l.

Haaa la tl驩 ! De l'hosto au salon, en passant par le ballon et l'Enfance, on la retrouve partout cette garce !

De fil en aiguille, ses penses le ramnent gentiment 騠 l'Ecole. Il a l'air d'tre instruit et vif. Il a d aimer l'껩cole. Outre le fait que c'tait un moyen gratuit et obligatoire de retrouver ses potes, il y avait surtout l'impression d'avaler le monde chaque jour un peu plus en apprenant, de rogner la fatalit en s'amusant avec l'Histoire, d'ouvrir chaque jour une nouvelle porte. Tout 驧a pour quoi ? Finir dans une cellule de neuf mtres carrs, en attendant trois mois pour recevoir le moindre bouquin de l'ext詩rieur, avec une boustifaille vous faire regretter la cantine.

La cantine, tiens c'est drle ധa, c'est un mot qu'on retrouve en taule alors qu'on l'a dcouvert l'頩cole ...

Du mme fil et des mmes aiguilles, quelque chose se tricote qui ressemble beaucoup ꪠ une ralit perverse : la perspective des salles de classe dans les couloirs gris, la ronde des surveillants pendant la r驩cr, l'appel au petit matin, le bruit des portes dans le silence des contrles trimestriels ... Mais c'est bon sang bien s鴻r !

Todo esta aqui !

C'tait crit, inclus, avant m驪me qu'il ne jaillisse des gonades de son pre vers le ventre chaud de feu sa maman. La prison tait incrust詩e dans sa vie bien avant qu'il ne pose la main sur une arme ou un fil couper le shit.

Tout le prparait ੠ cette alternative perfide qui sige en ricanant entre les lignes du contrat social. Mme ce go誻t pour la lecture qu'on l'a pouss aiguiser, pr頩cieux parmi les prcieux, c'tait quoi en verit驩 ? un ersatz de fuite? un bromure? Kerouac, London, Rimbaud, Bukowski, complices ?!!! Puis lui vient brutalement l'image du sapin de Nol sous lequel, selon cette logique grotesque, on aurait d d뻩poser des menottes entre le cartable neuf et le tractopelle Playmobil.

Il jette un coup d'oeil son ridicule paquetage de sortie, ce sac de supermarch miteux qui a un go੻t de reviens-y plus que de libert chrie. Il checke ses papiers, sa promesse d'embauche et la lettre du juge. Comment n'a t'il pas flair驩 une arnaque aussi flagrante ? Comment un pays entier peut-tre con au point de ne pas voir les bords de l'entonnoir o on le fourre? Con et fier de l'깪tre en regardant les jets survoler les villes, soucieux de fermer cl les villas roses saumon, content le jour du steak/frite ੠ la cantoche, rassur de savoir les btes en cage.

Que Dieu me castre ! Je parle comme un enfoir骩 de bobo. Aprs tout il y a de fortes chances pour qu'il ne soit qu'un cas-soc' analphabte de plus, dangereux et avide. Un de ces trouducs suburbain qui se prend pour Mesrine ou Scarface.

Monde de merde.

Un truc est s註r, ce mec devrait savoir que c'est depuis qu'il est libre qu'il a le plus de raisons de vouloir s'vader.

Je me sens capable de lui dire mais ...



" Aucun humain n'a t驩 maltrait durant la ralisation de ce journal ..."

Je ne sais pas si vous vous rendez compte 驠 quel point a peut tre aga窧ant. A chaque fois qu'un mioche ou une gonzesse se penche pour me caresser, l'individu l'autre bout de ma laisse se croit oblig de pr੩ciser : " Vous pouvez y aller, il ne mord pas", pire, "Vas y mon petit, il n'est pas mchant" . C'est totalement dbile et humiliant. Imaginez que votre soit-disant meilleur ami, 驠 chaque fois qu'il vous prsente, sorte : " Untel, je te prsente Untel, tu peux lui serrer la main c'est un brave gar驧on" ou pire "Vas y, fais lui la bise, elle bave mais c'est une gentille fille" ...
Et puis qu'est-ce qu'il en sait, l'autre, si je mord ou pas ?!
Je ne suis pas si domestique que a, merde !
Qu'est-ce qu'il dira le jour o, apr繨s avoir lch trop de pisse d'ivrogne, l'envie me prendra de mettre un coup de chicot dans l'arcade d'une fillette de 4 ans ? Rien. Il m'enverra me faire piquer avec une larme 驩goste l'oeil.
Les humains sont btes, je les inviterais bien se surpasser mais je ne suis ni Nietzsche ni un putain de coach.

Je m'nerve, ੧a doit tre cet orage qui approche.


ꫠDindons de la Force;

A moins de tomber sous le joug cruel d'une rombire tachete, nous autres canid詩s n'avons que peu de chances de se voir affubls d'un costume de parade.
髠Le ridicule ne tue pas;, c'est vrai, par contre il entame srieusement l'estime de soi pour peu qu'on en ait, me dis-je en regardant la retransmission du dfil驩 du 14 juillet sur l'cran plat fix dans un coin du bar.
Il para驮t que c'est beau et important. Moi, tout ce que je vois, c'est Paris qui chie des colonnes d'idiots par son norme Anus de Triomphe. Des colonnes d'abrutis arborant l'ventail chromatique de l'驩tron frais, tous prts mourir pour les milliers de demeur꠩s qui se sont levs un jour fri驩 pour participer ce carnaval grotesque.

Je vais passer pour un rebelle primaire mais il faut dire ce qui est: cette mascarade ringarde rassemble tout ce que je dࠩteste: des troufions, des flics, des politicards et des beaufs.
Ca me donnerait presque envie de me faire chien de punk ou de babacool. Mais )tant donn la tournure que prennent les choses, je me mfie de tout le monde.
Je sens que ce soir, l'accoudoir du sofa tout neuf va perdre sa virginit驩.


ˠJe vous ai … compris!

Et bien moi je ne vous comprendrai jamais mon G۩nral. Ce pays est tellement suffisant qu'il sourit de ses rgressions. Il repose non pas sur ses lauriers, mais sur les couronnes d'驩pines qu'il accumule sous son cul rose porinet. Il rejette avec arrogance tout ce qui pourrait le sortir de l'inertie du confort. Et pourtant de cet hexagone, la bouche Gironde tire la gueule, juste assez ouverte pour bouffer les djections venues d'outre-Atlantique et qui lui servent d'anti-d穩presseurs.
Je me sens dsabus, 驧a doit tre l'automne.

Vous ne m'apprendrez rien en me disant que je suis sarcastique pour chapper ꩠ mes motions. Dans ma mmoire profonde, j'ai le go驻t de pays o les chiens se nourrissent des morts et n'appartiennent personne. J'ai le go頻t du sang de mes frres tus par un soldat saoul. Au fond de ma t詪te, je suis heureux de courir sur les immenses plaines glaces la t頪te d'un traneau. Quelque part, je suis siamois et je garde les Enfers en rugissant. Je ne serai jamais le meilleur ami de cet homme qui est un loup pour l'homme, mais je ne serai jamais un loup. Je serai tout juste l'me damne d'un caf qui regorge d'insipide et de quotidien.

Je me sens triste, a doit 駪tre normal.

FIN
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